Histoire des douze imams Ahl-ul-bayt (a.s)
Imam Hossein Ibn Ali IBn Abou Tâlib (a.s)

Les phases de la vie de Hossein (as)

L'imam Hossein (as) a passé 6 ans de son enfance à l'époque de son grand-père le prophète (ç). Après sa mort, il a vécu 30 avec son père et participer aux évènements importants qui ont marqué son califat. Après l'assassinat de son père, en l'an 40 hégire, il est resté 10 ans dans la scène politique et sociale du régime de son frère Hassan (as) qu'il remplace en 50 après son empoisonnement. Son règne a duré 10 ans une partie dans les moments de gloire et de puissance de Mouawiya face à qui il n'est pas resté les bras croisés. Et après la mort de Mouawiya, il s'est révolté contre le gouvernement de son fils Yazid et a été finalement massacré à Karbala la dernière période de la vie de l'imam, c'est-à-dire le temps de son califat constitue la plus importante de sa vie. Nous allons nous interesser beaucoup plus à cette partie de sa vie.

Les combats d'Hossein Ibn Ali (as) avant son imamat

Hossein ibn Ali (as) suivait et soutenait la politique de son père dès son jeune âge lorsqu'il viavait l'appareil du gouvernement islamique deviner de sa trajectoire. Au temps d’Oumar ibn Khatab, il est entré dans la mosquée et il a vu Oumar assis sur la chaise de son père. Il lui dit ceci après avoir vu la scène "descend de la chaise de mon père et installe-toit sur celle de ton père". Manquant quoi dire, Oumar répondit: "Mon père n'avait pas de chaire" c'est alors qu'il l'installa près de lui. Après être descendu de la chaise, il le conduisit à la maison et demanda: "qui t'a appris ces propos? Personne! Répondit-il"[1]

Au front de bataille contre les Nâkissine et les Kâssitines

Hossein ibn Ali (as) s'était impliqué politiquement et militairement pendant le califat de son père. Il a participé aux trois batailles que son honorable père a vécues lors de son règne.[2] Il commandait l'aile gauche de l'armée de son père.[3] Il encourageait les compagnons d'Ali (as) avec des discours, affrontait les kâsitines.[4]Il était l'un des témoins désigné par Ali (as) lors de l'évènement de l'arbitre.[5]

Hossein ibn Ali (as) est resté auprès de son frère après la mort de l'imam Ali (as). Il était avec l'imam Hassan (as) lorsque son armée avançait vers la Syrie. L'imam Hassan (as) l'a consulté avec Abdellah ibn Ja'far quand Mouawiya lui avait proposé les accords de paix.[6] Après la signature du traité de paix et l'arrêt des hostilités, il est rentré à Médine avec son frère et y a élu domicile.[7]

Le contexte politique et social durant l'imamat de l'imam Hossein (as)

La déviation des principes et des fondements islamiques amorcée à Sakifa et qui s'était aggravée sous Ousmane avait pris une autre tournure. A cette époque, Mouawiya, le gouverneur investi en Syrie par le 2ème et le 3ème avait totalement assis son autorité et se faisant passé pour le calife des musulmans. Il avait pris le contrôle de l'état islamique et formé un front omeyade anti-islam. Avec l'appui des pervers comme Zyad ibn Abiyah, Amr ibn Aas, Samoura ibn Joundoub, il avait instauré une dynastie programmée pour métamorphoser l'islam. D'un côté Mouawiya appliquait le système de pression politique et économique sur les musulmans libres et vertueux, il veillait surtout à empêcher toute contestation et opposition en tuant, torturant, persécutant et imposant la pauvreté et la famine sur les gens. D'autre part, il semait le trouble en restaurant la discrimination, le culte du tribalisme et le racisme, un meilleur moyen d'affaiblir militairement les musulmans et déjouer tout danger pour son régime. Il semait la confusion dans l'opinion publique en inventant les hadiths et en interprétant les versets coraniques en fonction de ses intérêts afin de donner une couleur islamique à son régime.

Cette politique ajoutée aux facterus tels que: la promotion des sectes islamiques telles que les Jabriya ou les Morji'ya idéologiquement avec la politique de Mouawiya a engendré des répercussions catastrophiques dans la communauté. Un silence humiliant régnait dans la société. Cette politique avait transformé les personnalités et compromis les valeurs islamiques. A cause de la faiblesse, la peur et l'ignorance, les musulmans soutenaient les dirigeants despotiques tout en étant conscients que l'islam n'accepte pas la soumission aveugle à un guide injuste qui règne au non de la religion. Contrairement aux enseignements du prophète (ç) et aux fondements coraniques, les musulmans devenus des poltrons qui se laissaient moudre n'importe comment.

Les documents historiques montrent bien que cette période de l'histoire des musulmans avait pris le rythme de cette transformation et déviation générale. Si nous comparons la réaction des musulmans face à la politique d'Ousmane et ses agissements avec l'attitude qu'ils ont adopté par rapport à la politique de Mouawiya, on saisira mieux les conséquences néfastes de ce système satanique instauré dans la communauté islamique. En effet, les musulmans ont réagit par un soulèvement général face à la gestion d'Ousmane. Une révolte qui avait connu la participation des grandes cités islamiques comme Médine, la Mecque, Koufa, Basra et bien d'autres villes et localités reculées de l'état islamique. Une réaction qu'on ne voit pas dans le règne Anti-islamique de Mouawiya pourtant marqué par un niveau plus élevé d'injustice, de meurtre, de menaces et de privation des droits et richesses. Les gens obéissaient aveuglement à Mouawiya. Certes, des poches de protestations comme celles de Hojr ibn Adî et Amr ibn Khoza'i émergeaient. Mais on sentait toujours que la population était à l'étroit et vivait sous la pression de Mouawiya et son despotisme. Ces mouvements de contestation ne donnaient pas de résultat escompté parce qu'ils ne parvenaient pas à se généraliser. Ces flammes étaient rapidement éteintes car le régime de l'époque éliminait les leaders de ces mouvements, étouffant ainsi la révolution dans l'œuf sans laisser la possibilité à la société de se mouvoir. [8]

Les obstacles du soulèvement à l'époque de Mouawiya

Dans ce genre de contexte étouffant prêt à exploser que la domination de Mouawiya faisait prévaloir, le soulèvement et la révolte était ni possible, encore moins utile. On peut présenter les facteurs suivants comme véritables obstacles pour la révolte et le soulèvement de l'imam Hossein (as):

1- Le traité de paix de l'imam Hassan (as) avec Mouawiya

Si Hossein ibn Ali (as) se soulevait à l'époque de Mouawiya, ce dernier pouvait brandir les accords de paix conclus avec l'imam Hassan (as) (et approuvés par lui aussi) pour l'accuser car tout le monde savait que Hassan (as) et Hossein (as) avaient accepter qu'ils allaient se taire et laisser agir Mouawiya aussi longtemps qu'il sera en vie. Si l'imam Hossein se soulevait à présent Mouawiya allait le traité d'opportuniste et de violeur des accords. Nous savons certes que l'imam Hossein (as) ne considérait pas ces accords avec Mouawiya comme digne de respect, surtout qu'ils n'ont pas été conclu librement. Les circonstances qui régnaient au moment de la conclusion de ces accords de paix n'étaient pas favorables au dialogue et à la négociation. Sans oublier que Mouawiya les avait déjà violés et n'y avait accordé aucun respect. L'imam Hossein (as) n'était pas tenu de respecter le traité de paix même s'il était conforme parce que Mouawiya l'avait déjà brisé. Toutefois, ce traité de paix aurait servi d'élément de propagation si l'imam Hossein (as) avait tenté de lever le doigt.

D'autre part, il faut essayer de voir comment la société allait réagir face à sa volonté?

Il est clair que la société-comme on l'a vu n'était pas prête de se lancer dans un soulèvement. Cette population qui avait lavé son épée dans l'eau de la prospérité et errait vers un calme utopique et aurait argué que Hossein (as) a un accord qu'il doit respecter avec Mouawiya. Donc Mouawiya l'aurait présenté comme un insurgé manquant aux engagements entre deux parties. Et la société hostile à toute révolte aurait donné raison à Mouawiya.

2- Le geste religieux de Mouawiya

La révolte de Hossein face à Yazid était si animée qu'elle a laissé à jamais des souvenirs dans les esprits. Et même des siècles après, nous commémorons encore les héros de Karbala et certains en font une référence pour leur révolution. Très certainement, l'imam Hossein n'aurait pas obtenu ce résultat s'il était révolté au temps de Mouawiya. La preuve de cette affirmation se trouve dans l'influence des ruses et mises en scènes de Mouawiya, ainsi que les méthodes qu'il employait pour résoudre les problèmes.

Bien que Mouawiya avait pratiquement falsifié l'islam en substituant le califat authentique par la dynastie omeyade (et faisant de la communauté une société non islamique) il était particulièrement conscient qu'il régnait au nom du califat islamique et veillait à ne pas faire des choses que le peuple verrait comme contraire aux principes de l'islam qu'il est censé représenté. Il s'arrangeait toujours à donner une image religieuse à ses agissements afin qu'ils soient compatibles avec le statut qu'il occupait. Il minait dans l'ombre les actions difficilement justifiables avec la loi islamique. Certaines preuves historiques montrent que Mouawiya était un homme irréligieux et sans conviction, au point de laisser dans la consternation Mounguira ibn Sho'ba (connu de tous pour sa perversité) qui entendait certains propos dans les assises privées de Mouawiya: "Mouawiya est le plus débauché des gens"[9] Avec tout cela, cette méthode de Mouawiya consistait à respecter en apparence certains aspects de la religion ne facilitait pas les choses au commun des mortels pour déceler son vraie identité. Il savait bien tirer profit de circonstances pour donner une image religieuse à son poste. Il voulait d'un côté venger le sang d'Ousmane et de l'autre chercher à prouver aux yeux des gens qu'il était compétent pour être calife après l'arbitrage et le traité de paix. Si l'imam Hossein (as) essayait de se révolter par les armes, Mouawiya l'aurait aisément présenté aux yeux du public comme un clivage politique pour la prise du pouvoir, et non comme un soulèvement de la société contre le mensonge.

Les combats de l'imam Hossein (as) avec le régime de Mouawiya

Toutefois, tous ces obstacles n'empêchaient pas l'imam Hossein (as) de réagir face aux innovations et aux innombrables injustices perpétrées par Mouawiya. Dans un contexte aussi étouffant où nul n'avait le courage de broncher, l'imam Hossein (as) s'est dressé autant qu'il pouvait face aux exactions de Mouawiya. Nous apportons ici 3exemples de combats de l'imam Hossein (as) contre le régime de Mouawiya.

1- les discours et les lettres ponctuées de protestations

Au cours des 10 ans de son règne, l'imam Hossein (as) est demeure actif sur la scène politique et échangé beaucoup de correspondances avec Mouawiya, une serre de communication qui traduit l'intransigeante position révolutionnaire de l'imam face au fils d'Abou Soufiyane. L'imam réagissait sévèrement au moindre geste anti-islamique et aux crimes perpétrés par Mouawiya.

Opposition de l'imam Hossein contre la désignation de Yazid comme prince héritier

La réaction de l'imam par rapport à la présentation de Yazid comme le futur guide de la communauté en est un illustre exemple. Durant la vaste campagne amorcée pour présenter Yazid comme le futur guide, Mouawiya avait effectué un voyage sur Médine afin d'obtenir l'allégeance de ses habitants, surtout les hautes personnalités comme l'imam Hossein (as). Il a rencontré Hossein ibn Ali (as) et Abdellah ibn Abbas après son arrivée dans la ville. Il a exposé la question de a succession de Yazid à la nation islamique, tout en s'efforçant d'obtenir l'approbation de ceux-ci. L'imam Hossein (as) répondit ainsi à ses déclarations: " tu as dérapé sur les mérites et les qualités que tu t'arroses. En t'accaparant les biens publics tu as commis une injustice grave. Tu te refuse à restituer les biens d'autrui et t'es lancé dans les exactions si bien que tu ne sais même pas que tu as dépassé les limites. Et comme tu refuse de restituer les droits des gens, le Satan s'est emparé de toi entièrement. J'ai compris ce que tu as dit sur la compétence et les mérites de Yazid à diriger la communauté islamique. Tu as décris Yazid comme si tu cherchais à présenter quelqu'un dont la vie n'est pas connue de tous. Tu parles d'une personne absente comme si le peuple ne l'avait pas encore vu, comme si tu étais le seul à avoir des informations sur lui. Yazid n'est pas ce que tu présentes ou ce que sa nature traduit. Présente Yazid tel qu'il est. Yazid est un jeune homme dresseur de chiens qui passe sa vie à s'amuser avec les pigeons, à chanter et à jouir des plaisirs. Présente y ainsi et laisse ces efforts inutiles! Les péchés que tu as déjà portés de cette communauté est assez. Ne fais pas en sorte que le poids des péchés pèse plus que ça lorsque tu iras à la rencontre de ton Dieu. Tellement tu as appliqué de fausses politiques injustes sur ce peuple qu'il en a marre. A présent qu'il n'y a plus qu'un clin d'œil entre la mort et toi, saches que tes actes sont enregistrés et conservés auprès de Dieu et tu répondras de tes agissements le jour du jugement…

Inquiétude de Mouawiya sur l'éventuel soulèvement de l'imam Hossein (as)

Inquiétude de Mouawiyya par rappor au soulèvement de l'imam Hossein (as)

Durant cette période, Marwane ibn Hakam qui avait été investi par Mouawiya comme gouverneur de Médine lui avait écrit ceci: "Amrou ibn Ousmane m'a rapporté que de groupes et des personnalités d'Irak et du Hijaz font des vas et vient chez Hossein ibn Ali (as). Il exprimait ceci: "je ne suis pas certain que Hossein ne se révolte". Marwane ajoute dans sa lettre: "j'ai fait des investigations à ce sujet et je conclue selon les informations que j'ai obtenues qu'il n'a pas l'intention de se révolter. Je ne suis pas sûr que tel soit le cas dans le futur. Ecrivez votre avis sur la question après avoir reçu cette correspondance. Mouawiya répondit à Marwane et adressa en même temps une lettre à Hossein ibn Ali (as) dans laquelle il écrit: "j'ai reçu un rapport sur une partie de tes activités et si c'est fondé, je pense que cela ne te ressemble pas. Je jure par Dieu que toute personne qui prend des engagements doit les respecter. Et si ce rapport n'est pas fondé, tu es le mieux placé pour te comporter de manière à respecter ces accords. Fais attention à toi et respecte tes engagements. Si tu t'oppose à moi, tu seras confronté à une hostilité. Si tu fais ce qui est mauvais, tu verras ce qui est mauvais. Abstient-toi de semer la division dans la communauté…[10]

Réponse historique de l'imam Hossein (as) à Mouawiya

L'imam Hossein (as) répondit ceci: " Ta lettre m'est parvenu. Tu écris que tu as reçu des informations à mon sujet et selon toi cela ne me ressemble pas. Il faut savoir que seul Dieu guide l'homme vers les bons actes et lui donne l'opportunité de les accomplir. Ce qu'on t'a rapporté à mon sujet n'est qu'un tissu de propos fabriqués par les diffamateurs, les colporteurs et les gens résolu à semer la discorde. Ces égareurs irréligieux ont menti. Je n'envisage aucune guerre contre toi et je n'ai pas aucunement l'intention de m'insuger. C'est par crainte de Dieu que je me garde d'une révolte contre toi et tes amis injustes avec qui vous formez le parti de Satan. N'est-ce-pas toi qui a assassiné Hajar ibn Adi et ses compagnons? Assassin des gens qui priaient et qui adoraient Dieu, des gens qui luttaient contre les innovations et invitaient les gens à faire le bien et laisser le mal. Après leur avoir juré qu'ils étaient en sécurité et que tu ne les persécuteras pas par rapport aux évènements passés, tu n'as pas hésité à agir contrairement à ton serment et tu les as injustement assassinés. Tu as défié Dieu par cet acte en simplifant son engagement. N'as-tu pas assassiné Amrou ibn Hamik, ce musulman croyant dont le visage et le corps avait changé par excès d'adoration? Ne lui as-tu pas donné ta parole qu'il était en sécurité puis tu l'as assassiné après avoir violé ta promesse? Une promesse qui aurait convaincu le plus primitif des arabes de descendre du sommet des collines? N'est-ce pas toi qui fait de Zyad (fils de Soumeya) ton frère en l'appelant fils d'Abou Soufiyane alors que le prophète (ç) a dit: "le nouveau-né appartient à son père et que l'adultérin doit être lapidé". Si seulement les choses s'arrêtaient là. Mais halas ce fut le cas. Après avoir fait du fils de Soumeya ton frère, tu l'as imposé à la communauté islamique et avec le pouvoir que tu lui a conféré il s'est mis à massacrer les musulmans, à leur couper les mains et les pieds avant de les pendes! Tu as tellement rendu la vie difficile à cette communauté comme si n'y appartenait pas ou qu'elle t'avait rejeté. N'es-tu pas l'assassin de Hadharami dont l'unique crime est qu'on a informé ce même Zyad qu'il suivait la religion d'Ali (as)? La même religion d'Ali (as) n'est rien d'autre que celle de son cousin le prophète (ç). Et celle au nom de laquelle tu t'appuie actuellement pour ton pouvoir? Sans cette religion, tes pères et toi serez encore en train d'errer dans l'ignorance et l'obscurantisme. Ton plus grand exploit demeure les peines et les difficultés de deux voyages d'été et d'hiver sur le Yémen et la Syrie. Mais à travers nous les Ahl-Ul-bayt Dieu vous a sauvé de cette mauvaise vie.

O Mouawiya! L'une de tes déclarations consiste à me demander de ne semer la discorde dans la communauté. Je ne vois aucun facteur de division dans cette communauté plus grand que ton régime. Tu me demandes de faire attention à mon comportement ma religion et la communauté de Mohammad (ç). Lorsque je réfléchis sur mes devoirs et que je regarde ma religion et la communauté de Mohammad (ç), je ne vois pas d'autres obligations plus importantes que celles de te combattre et ce combat est un jihad pour la cause de Dieu. Je demande pardon à Dieu pour le fait que je me retiens à t'affronter (pour un certain nombre de raisons). J'implore Dieu pour qu'il me guide et m'inspire ce qui va dans le sens de son agrément (car il peut arriver que ces excuses ne soient approuvées auprès de lui). Tu dis par ailleurs que si je te fais du mal tu me feras du mal et si je me comporte en ennemi vis-à-vis de toi, tu me prendras pour ennemi. Je dois dire que les gens biens ont toujours été confrontés aux ennemis dans ce monde. Je souhaite que ton aversion contre moi ne me cause guère de tort et que tes mauvaises intentions retournent avant tout vers toi. Que tes actes l'anéantissent. Donc manifeste ton adversité autant que tu peux. Mouawiya! Crains ton Dieu et sache que tes petits et graves péchés sont tous enregistrés dans un dossier auprès de Dieu. Sache aussi que Dieu ne réduira pas à l'oubli les crimes que tu commets en tuant les gens par simple présomption ou en les arrêtant uniquement sous la base de soupçon et en livrant en patûre aux chiens les nouveau-nés. Tu t'es précipité. Même vers l'abîme avec tes actes. Tu as vendu ta religion et violé les droits du peuple. Salam"[11]

2- Sermon sévère et révélateur lors du grand congrès du Hajj

Un ou deux ans avant la mort de Mouawiya dont les exactions de son gouvernement sur les chiites avaient atteint un niveau extrême, l'imam Hossein (as) avait fait un voyage pour le grand pèlerinage. Alors qu'il était accompagné d'Abdellah ibn Abbas et Abdellah ibn Ja'far, les compagnons du prophète (ç), les tâbi'înes et les notables de la communauté islamique de cette époque réputés pour leur piété s'étaient remis dans le campement de l'imam à Mina. Près de 700 Tâbi'înes et 200 compagnons du prophète (ç) s'étaient rassemblés dans la tente de l'imam Hossein (as). C'est alors que l'imam se leva et tenu cette allocution: "vous avez vu ce que cet oppresseur et ce tyran nous a fait et à vos chiites? Je vais vous exposer quelque chose si c'est la vérité vous la confirmez et si c'est un mensonge rejetez-la. Ecoutez et notez mes propos pour les transmettre aux hommes de confiance quand vous rentrerez dans vos viles afin de les inviter à suivre nos directives car j'ai peur que cette question (l'autorité des Ahl-Ul-bayt sur la communauté) soit confiée à l'oublie et que la vérité se voit anéantie ou vaincue". L'imam a ensuite énuméré les qualités de son père et la famille du l'imamat. Il a également exposé les innovations, les crimes et les actes anti-islamiques de Mouawiya.[12]Il lança ainsi une vaste campagne de communication contre le régime de Mouawiya, préparant ainsi le terrain pour le soulèvement.

Hassan ibn Ali ibn Sho'ba, un grand savant du 4ème siècle cite dans "Touhafo Okoul", un discours de l'imam adressé on ne sait où et quand, toutefois les indices montrent que ce discours n'est rien d'autre que el sermon tenu par l'imam à Mina. Nous citons la traduction de ce discours: "…ô hommes capables! Vous êtes un groupe réputé pour son savoir et sa bienfaisance. Grâce à la religion de Dieu vous avez acquis une certaine notoriété auprès du peuple. Les dignitaires s'inspirent de vous et les pauvres et les faibles vous honorent. Ceux qui sont au niveau que vous et qui ne vous doivent aucune faveur font leur révérence devant vous…A cause de vos antécédents et de votre foi, Je crains que vous encouriez le châtiment de Dieu car vous accédez aux hauts rangs que les autres n'ont pas. Vous avez été élevés au dessus des autres et vous ne respectez pas les bienfaiteurs et saints, or c'est par Dieu que vous êtes respecté dans la société. Vous voyez vous-mêmes qu'ils brisent les engagements et violent les lois de Dieu. Mais vous ne montrez aucun signe de peur ni d'inquiétude. Vous avez peur de violer les engagements de vos pères, mais cela ne vous inquiète de voir les engagements de Dieu et son messager remis en cause. Des aveugles et des muets encerclés sont sans tuteur dans la nation islamique et on ne leur accorde aucune pitié. Mais ne vous ne levez pas le petit doigt malgré votre statut. Vous n'assistez même pas celui qui accomplit le devoir qui vous incombe. Vous préférez plutôt vous rabaisser, collaborer et tolérer les agissements des injustes. Dieu a ordonné le convenable et interdit ce qui est mal, mais cela ne vous dit rien. Le cas de vous autres les savants de la communauté est pire encore car votre rang et votre statut sont compromis. Si seulement vous saviez. La gestion des choses appartient à ceux qui connaissent la loi de Dieu, les interdits et les licites. Et vous occupiez ce rang qu'on vous a repris. Ce rang vous a été retiré du moment où vous-vous êtes éloignés de la vérité et vous vous êtes mis à diverger alors que la preuve est évidente dans la sunna du prophète (ç). Si vous aviez fait preuve d'endurance et de résistance face aux menaces et pressions, la gestion des choses vous aurait revenu et serait gérées par vous. Mais vous avez laissé dominer les preuves et vous leurs avez offert le gouvernement de Dieu. Ils mélangent le licite et l'illicite et sont noyés dans les jouissances. Vous leurs avez cédé votre place excepté la mort que vous fuyez en vous attachant désespérément sur la vie d'ici bas qui ne dure que quelques jours. En effet faisant preuve d'indifférence par rapport à votre devoir, vous avez livré les faibles à ceux-là et ils sont pris en otage ou permanemment soumis à l'échec. En vous soumettant aux forces du mal vous leurs avez laissé le champ libre pour diriger la communauté selon leur diéser. Ils dépêchent les communicateurs dans chaque ville pour contrôler la mentalité des gens. Ils ont la main mise et le peuple se retrouve réduit à l'esclavage. Ils le conduisent dans n'importe quelle direction et les gens ne peuvent même pas se défendre. Un groupe de ces tyrans bornés qui oppriment tout les faibles et les misérables ne croit pas en Dieu qui donne la vie et la reprend. Etonnant comme situation! Comment ne pas être stupéfait alors que la terre est en train d'être dominée par un des pote qui ne fait aucune pitié aux croyants. Dieu est le seul juge entre nous les guides et lui (l'usurpateur)

Seigneur! Ce mouvement (que nous engageons) n'est pas une compétition pour le pouvoir ou pour contrôler les biens de ce monde. Nous engageons ceci pour montrer aux gens les signes de ta religion, faire appliquer ta loi et sortir tes serviteurs des dents des injustes. Vous autres les élites du peuple si vous ne m'assistez pas, les tyrans vous dominerons et chercherons à éteindre la lumière de votre famille.

3- Réquisition des biens publics

Ces mêmes jours, une diligence parti du Yémen pour Damas et transportant une quantité de biens de la trésorière fut interceptée , enregistré et distribué aux besogneux de Bani Hachim par l'imam Hossein (as) qui envoya ensuite cette missive à Médine: "Une caravane venant du Yémen passait par ici et elle transportait des biens des tissus et du parfum destinés à toi pour que tu remplisse les caisses de Damas avec et les distribués ensuite à tes roches avec les biens de la trésorerie publique. J'avais besoin d'argent, raison pour laquelle j'ai réquisitionné tout ce que cette caravane avait. Salam". Très contrarié réagit immédiatement par une lettre très virulente à l'imam Hossein (as). Cet acte de l'imam Hossein (as) est sans doute une preuve évidente que l'imam considérait le régime de Mouawiya comme illégitime. Un geste de défi que personne n'avait le courage de mener si ce n'est l'imam Hossein (as).

La Nature et les causes du soulèvement de l'Achoura

Le soulèvement de l'Achoura des questions auxquelles il faut répondre pour comprendre les causes.

1- L'imam Hossein ibn Ali (as) se serait-il toujours révolté contre le régime de Yazid si ce dernier n'avait pas fait pression sur lui pour obtenir son allégeance?

2- Cette révolte aurait elle en lieu si le peuple de Koufa n'avait pas invité l'imam Hossein (as)?

3- Ce soulèvement et cette révolte sont des évènements non préparés qui ont subitement éclatés (comme on le voie de nos jours avec les soulèvements et révoltes populaires évoquées dans l'idéologie matérialiste) ou alors c'était une révolte bien calculée?

Il est important d'apporter quelques précisions pour rendre les réponses à ces questions plus claires. Contrairement aux phénomènes naturels qui de nature sont généralement identiques, les phénomènes sociaux peuvent présenter plusieurs aspects. Le fer ne peut en même temps apparaitre sous la forme de l’or et du bauxite. Mais les phénomènes sociaux peuvent présenter plusieurs facettes. Ils peuvent subir en même temps l’influence de plusieurs facteurs. Une révolte par exemple peut paraitre spontanée et offensive. Une révolution spontanée peut avoir des répercutions négatives comme positives selon le contexte. La révolte de l’imam Hossein (as) appartient à cette catégorie de révolte où plusieurs facteurs sont intervenus à la fois.

Les causes du soulèvement de l’imam Hossein (as)

Les trois facteurs ci-dessous ont agi dans l’émergence du soulèvement de l’imam Hossein (as):

1 – L’exigence de l’allégeance de par Yazid à l’imam Hossein (as) avec son lot de pressions exercées sur le troisième guide légitime.

2 – L’invitation des élites chiites de Koufa qui voulaient que l’imam vienne pour qu’ils lui donnent leur allégeance.

Le message de «amrou bi ma’roûf» (l’obligation islamique d’appeler à la raison les gens en situation d’égarement) avec lequel l’imam est parti de Médine le premier jour. Chacune de ces causes sera exposée afin de comprendre l’effet de chacune sur le soulèvement de l’imam Hossein (as)

1 - Le refus de donner l’allégeance à Yazid

Chronologiquement, la demande d’allégeance à l’imam par le régime de Yazid et l’opposition de l’imam à cette demande est la première cause du soulèvement de 3ème calife légitime du prophète (ç). Telle que le rapportent les historiens, après la mort de Mouawiyya au cours de la mi-rajab de l’an 60 hégire, Yazid adressa une missive à Walid ibn Outba le gouverneur de Médine dans laquelle il lui ordonnait d’obtenir sans délai l’allégeance de Hossein ibn Ali (as) pour son califat. Une fois la lettre reçu, Walid convoqua l’imam et le mit au courant. L’imam qui était déjà farouchement opposé à l’idée de faire de Yazid le calife montra encore son opposition à la question? Car accepter de donner l’allégeance à Yazid signifiait non seulement ma validation de l’autorité d’un pervers à la tête de la communauté, mais aussi l’inauguration de l’innovation du régime dynastique fondé par Mouawiyya.

Les pressions de la part du gouverneur se sont multipliées, mais l’imam a résisté jusqu’au jour l’intensification de cette forme de persécution le contraint à quitter Médine avec tous les membres de sa famille le 28 rajab pour la Mecque qu’il atteint le 3 sha’bâne.

Le fait d’avoir choisi la Mecque parmi tant d’autres villes relève du fait que ce lieu est un sanctuaire sûre et en plus les cérémonies du hajj approchaient e cela constituait l’occasion idéale pour l’imam de faire passer son message et ses intentions à tous les pèlerins.

Jusqu’ici le soulèvement de l’imam s’avère réactive. Une réaction négative par rapport à une demande tout à fait illégale dans la loi islamique, dans ce sens que le régime de Yazid voulait de lui cette allégeance avec pression et insistance. Ce que l’imam n’a pas accepté. De toute les manières il est clair que l’imam avait exprimé son refus avant l’invitation des gens de Koufa n’arrive. Même sans cette invitation l’imam aurait toujours montré son opposition par rapport à cette exigence du régime de Yazid.

2 - L’invitation de l’imam hossein par les koufites

L’imam Hossein (as) était entré à la Mecque le 3 Sha’ban y avait élu domicile et entreprit de dévoiler la nature anti-islamique du régime. Les irakiens apprirent que l’imam Hossein (as) était contre le Califat de Yazid et qu’il s’était installé à la Mecque. Les gens de Koufa se souvenaient encore du gouvernement de justice d’Ali (as) il ya de cela 20 ans. Les traces du passage et de l’éducation inculquée par le prince des croyants n’avaient pas totalement disparu.

Les orphelins que l’imam Ali (as) avait élevé les veuves qu’il avait assistées étaient encore vivants. Ils se réunirent et après avoir étudié la situation, ils ont décidé de ne pas se soumettre à Yazid, préférant plutôt invité l’imam Hossein (as) pour être leur guide.

Ces réunions aboutirent à une série de correspondances dans lesquelles les dignitaires chiites de Koufa tels que «Souleymane ibn Sourad» «Mossayib ibn Najaba» «Refâ’a ibn Shaddâd Bajali» «Habib ibn Mazahir» invitent l’imam Hossein (as) à venir en Irak les diriger. La 1ère lettre pavoint à l’imam le 10 ramadan de l’an 60.[13]

Les personnalités et divers groupes de Koufa continuaient à envoyer les lettres à l’imam qui recevait en moyenne 600 lettres par jour. L’ensemble des lettres avait atteint le nombre de 12000.[14]

Avec cette large sollicitation et cette pluie de lettres et demandes qui l’inondaient, l’imam Hossein (as) ressentit le devoir de d’accepter les doléances des irakiens. Il réagir donc en dépêchant son cousin Mouslim ibn Akil pour aller évaluer la situation sur le terrain en Irak et si la réalité sur le terrain reflétait ce que les irakiens manifestaient dans leur missive.

Comme on le constate l’imam Hossein (as) a réagit positivement à la demande des gens de Koufa. L’initiative de l’imam dans sa mort est positive et traduit en quelle que sorte la coopération avec les irakiens. En se fondant sur ce qui a été dit, on voit clairement qu’en ce qui concerne le refus de donner l’allégeance à Yazid, l’imam Hossein (as) n’avait plus aucune responsabilité par rapport à un quelconque engagement. Avec l’invitation des Koufites une nouvelle responsabilité se présentait à l’imam. Il semble que l’appréciation de l’imam se présentait ainsi: Comme les Koufites m’invitent avec autant de désir et d’insistance, je me rends en Irak. S’ils respectent leur engagement c’est bien. Dans le cas contraire, je rentre à la Mecque ou je me rends dans l’une des localités islamiques.

Dans l’ordre chronologique, l’invitation des Koufites est intervenue après le refus d’allégeance. La 1ère lettre des Koufites est parvenue à l’imam le 4ème jour après qu’il ait refusé de donner l’allégeance à Yazid et qu’il s’est rendu à la Mecque. Donc ce n’est pas parce que les irakiens avaient invité l’imam qu’il a refusé de donner l’allégeance à Yazid dès le départ et les lettres des Irakiens vinrent des jours après. Donc si Koufa n’existait pas et si les irakiens ne l’avaient pas sollicité, l’imam ne se serait pas soumis à Yazid quelle que soit la pression qu’il allait subir.

3- Le facteur de l’ordonnance du convenable et l’interdiction du blâmable

L’imam est parti de Médine le 1er jour avec pour devise «L’ordonnance du convenable et l’interdiction du blâmable». Vu sous cet angle comme on lui avait demandé de donner l’allégeance et qu’il a refusé, il s’est soulevé. Il se serait toujours soulevé si on m’avait demandé de donner l’allégeance. Par ailleurs comme les Koufites l’avait invité, il s’est soulevé. Car nous avons vu qu’il a été sollicité par les Koufites un mois et demi après avoir refusé de donner l’allégeance. Ainsi, l’imam Hossein (as) part sur la logique de la contestation et de l’attaque vis-à-vis du régime anti-islamique. En effet, voyant que le monde islamique sombrait dans les interdits encouragés par le gouvernement de l’époque, son devoir religieux voulait qu’il se soulève et dénonce cela.

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Comme nous l’avons évoqué, tous ces facteurs ont joué le rôle dans la grande révolution de l’imam Hossein (as). Chaque facteur constituait un devoir et une obligation pour l’imam Hossein (as) dont la réaction était différente face à chaque facteur.

L’imam adopte une attitude défensive au 1er facteur car il voulait le contraindre à donner l’allégeance et il ne l’a pas accepté. L’imam s’est montré coopératif et compréhensif face au 2ème facteur en répondant positivement à l’appel. Quant au 3ème facteur, l’imam s’est montré offensif et contestataire car même si on ne lui avait pas demandé l’allégeance, il s’en serait toujours pris au régime et le qualifié de non islamique.

L’importance de chaque facteur

Voyons à présent lequel des trois facteurs apparait comme le plus important. Sans aucun doute, la réponse à l’appel des Koufites a plus de valeur dans ce sens que l’imam s’est montré prêt dans sa réponse au peuple qui avait refusé de se soumettre à Yazid et l’avait sollicité pour les diriger. Il aurait formé un gouvernement islamique si les conditions avaient été favorables. Puis vient le refus de l’imam à donner l’allégeance à Yazid. En effet, l’imam avait déclaré à plusieurs reprises qu’il ne donnera jamais l’allégeance à Yazid quel que soit le prix et la pression qu’il subira. Cela montre l’endurance et l’intransigeance de l’imam face à la force et la pression. Le 3ème facteur s’avère également important. En effet, l’obligation d’ordonner le convenable et d’interdire le blâmable n’avait rien de défensif encore moins de coopératif. Son attitude est offensive et contestative; si l’appel des Koufites constituait le facteur le plus important, l’imam aurait chargé de plan. Il aurait cessé de tenir des propos critiqués dès qu’on lui apprit que Koufa n’était plus favorable. Il aurait annulé son voyage pour Koufa. Mais nous voyons que c’est après l’assassinat de Mouslim que l’imam tint le plus virulents et les plus sévères. C’est ici qu’on réalise combien l’imam était sensible sur l’ordonnance du convenable et l’interdiction du blâmable et l’ampleur de l’offense qu’il avait engagé contre le gouvernement pervers de Yazid.

Avec les explications que nous avons apportées jusqu’ici, les 2 premières questions posées au début de cette discussion trouvent leur réponse. En effet, si Yazid ne mettait pas la pression pour obtenir l’allégeance, l’imam Hossein (as) se serait toujours opposé à son gouvernement. Nous avons également compris que le soulèvement se serait produit même si les Koufites n’avaient pas invité l’imam. Pour que la 3ème question trouve également sa réponse, nous apportons à la suite des documents justifiait le degré d’importance que l’imam Hossein (as) accordait au devoir d’ordonner le convenable et d’interdire le blâmable dans cette révolution.

1- Testament idéologique et politique de l’imam

Avant de partir pour Médine, l’imam Hossein (as) adressé à son frère Mohammad Hanafiyya un testament dans lequel il évoque les raisons de son soulèvement redresser la communauté islamique, ordonner le convenable et interdire le blâmable, restaurer la ligne de son grand-père le prophète et de son père Ali (as). Après avoir affirmé ses convictions sur l’unicité, le mouvement prophétique et la résurrection l’imam écrit dans de ce testament: «…Ce n’est pas pour affirmer ma personnalité faire preuve d’insubordination ou de fantaisie que je suis parti (de Médine). Ce n’est non plus pour semer la perversité et l’injustice. Mon départ se justifie par le souci de bannir la perversité de la communauté de mon grand-père, ordonner le convenable et interdire le blâmable. Je veux promouvoir la ligne tracée par mon grand-père et mon père Ali (as) ibn Abou Talib. Quiconque me suivre par respect pour la vérité, je suivrai ma voie jusqu’à ce que Dieu juge entre ce peuple et moi car Dieu est meilleur juge. Comme nous le constatons l’imam justifie son engagement en quatre points:

1 - Redresser la communauté

2 - Ordonner du convenable

3 - Interdire le blâmable

4 – Suivre la ligne tracée par son grand-père et son père Ali (as).

2 – Mutisme intolérable

Sur la route vers l’Iraq, l’imam s’adressa à l’armée de «Hourr» dans un point de repos appelé «Beydha» et il explique les raisons de son soulèvement: «Peuple! Le messager de Dieu a dit: «un Tyran qui rend licite ce que Dieu a interdit, brise le pacte divin, s’oppose à la tradition et les normes fixées par le prophète (ç) et se lance dans le péché, les turpitudes et l’adversité un musulman qui ne manifeste pas son mécontentement par les actes ou la parole mérite le châtiment que Dieu réserve à ce Tyran (le feu de l’enfer). O peuple! Sachez que ceux-là (les omeyades) ont abandonné l’obéissance en Dieu et opté pour l’adoration de Satan. Ils ont rependu la perversité et délaissé les lois divines. Ils se sont accaparés de ce qui revient exclusivement à la famille du prophète (ç). Je suis mieux placé que les autres pour guider la société musulman et pour s’insurger contre toute cette perversion et ses pervers qui ont modifié la religion laissée par mon grand-père.»[15]

3 – Disparition des traditions islamique et prolifération des innovations déviantes

Après l'entrée à la Mecque, l’imam adressa une lettre aux dignitaires des tribus de Basra dans laquelle il précise ceci après voir brossé le règne des califes précédents durant lequel les guides légitimes ont été écartés de la scène politique et que ces derniers (les guides légitimes) ont accepté cette situation afin de préserver l’unicité de la communauté et l’intérêt suprême de l’islam: «…Voici mon émissaire que j’envoie auprès de vous avec cette lettre. Je vous invite à suivre le livre de Dieu et la sunna du prophète (ç). En effet, nous nous trouvons dans un contexte où la sunna du prophète (ç) a complètement disparu et que les innovations déviantes sont apparues. Si vous suivez mes propos, je vous guiderai sur le droit chemin. Que la bénédiction, la miséricorde et les prières de Dieu soient sur vous» [16]

4 – La vérité n’est pas appliquée

Sur la route vers l’Irak, au point de repos nommé «Zi Houssoum», l’imam s’est levé et tenu cette allocution au sein de ses compagnons:«ce qui est devant nous rien d’autre que ce que vous voyez. Sérieusement le temps a changé. Les mauvaises choses sont devenues monnaie courante alors que le bine et les vertus sont effacées de notre environnement. Il ne reste des vertus que l’équivalent de quelques gouttes d’eau au fond d’un récipient. Les gens vivent dans la misère et l’humiliation. La scène de la vie s’est transformée en un terrain pénible et difficile on dirait un pâturage pierreux peu fourni en herbe. Ne voyez vous pas que la vérité n’est plus appliquée? Dans un tel cadre l’homme de foi ignore sa vie et est prêt à la rencontre de son Dieu. Dans un tel environnement humiliant et pollué, la mort à mon avis n’est que bonheur et délivrance, tandis que la vie avec les tyrans et l’injustice ne rime qu’avec souffrance et douleur; ces gens sont devenus les esclaves du bas monde. La religion est le dernier des choses à laquelle ils pensent. Ils ne soutiennent la religion que si leur vie est accompagnée de confort et tranquillité. Dès qu’ils sont face à une épreuve leur foi religieuse baisse.»[17]

Un soulèvement médité

L’interprétation faite par les matérialistes sur les révolutions populaires aujourd’hui est celle de l’explosion d’une société tel une chaudière lorsque les lacs de confiance sont fermées. Ici, que l’on veuille ou non l’acculation de la pression produira une explosion. Du moment où les pressions et les différences des classes s’aggravent le vase de la patience populaire face aux coercitions et l’injustice se remplit et l’explosion devient éminent comme un phénomène naturel. En d’autres termes, les soulèvements explosifs à petit échelle sont à l’image de l’explosion du cœur d’un homme furieux plein d’angoisse, dont la patience est à son comble et qui vomit sans le savoir tout ce qu’il a sur le cœur, même s’il doit regretter plus tard.

A partir des extraits des discours et lettres de l’imam Hossein (as) que nous avons mentionnés, nous constatons que le soulèvement de ce grand guide n’appartient pas à cette catégorie; son soulèvement est un soulèvement médité, mesuré et fondé sur le sens du devoir et tous les dangers qui existaient. Non seulement l’imam es tallé consciemment à la rencontre de la mort, il voulait aussi que se compagnons optent volontairement pour cette voie. C’est pour cela qu’il leur laissa la possibilité de choisir de rester ou de partir la veille de l’Achoura, car celui qui restait jusqu’au lendemain devait mourir. En dépit de tout cela ils choisirent de rester, ils choisirent mourir.

Par ailleurs selon les matérialistes, les leaders ne jouent vraiment pas de rôle dans les révolutions explosives. Ils jouent les rôles de la mère lors de la naissance de l’enfant. Comme l’émergence de ce genre de révolution est hors du contrôle des héros de la révolution, elle est dépourvue de toute valeur morale. Or le rôle de l’imam Hossein (a)s en tant que guide dans la révolution de Karbala n’est plus un secret pour la personne.

L’influence du parti omeyade au cœur du pouvoir

A partir de ce que nous avons souligné sur le rôle de «l’ordonnance du convenable et de l’interdiction du blâmable» dans le soulèvement de l’imam Hossein (as), on saisit clairement que la dérive du gouvernement islamique de son principal itinéraire demeure principale de l’imam, une déviation ponctuée par la prolifération des innovations hérétiques, l’éradication de la sunna du prophète (ç) et la propagation de la dépravation des mœurs répugnantes et des actes anti-islamiques au sein de la communauté de l’époque.

Pour apporter plus d’explication, nous rappelons qu’à cette époque le gouvernement islamique et la gestion ders affaires des gens étaient tombée entre les du parti anti-islamique et paganiste omeyade. Après des années de combat contre le prophète (ç), ce parti adhéra à l’islam en apparence lors de conquête de la Mecque. Il cacha sa mécréance et son hypocrisie. Après la mort du prophète (ç), il entreprit ses activités souterraines auxquelles il donna une coloration islamique en apparence. Il a progressivement pénétré l’appareil gouvernementale islamique et occupé les fonctions clés. Il s’accapare le pouvoir et asseoit complètement son autorité à travers Mouawiya après la mort de l’imam Ali (as).

Bien que les têtes de fil et les acteurs principaux de ce parti dissimulaient leur ambitions macabres destinées à détruire l’islam de l’intérieur et restaurer le système en vogue avant l’islam, non seulement l’analyse de leurs initiatives et leurs actions justifient bien cela, mais aussi les informations provenant des réunions qu’ils croyaient sécrètes lèvent le voile sur leurs ambitions. Abou Soufiyane qui était à la tête de ce parti dit ceci dans une réunion de Bani omeya chez lui à hui clos le jour Ousmane (le 1er calife du cercle omeyade) accéda au pouvoir: «En dehors de vous y a-t-il quelqu’un d’autre ici? (Abou Soufiyane était devenu aveugle). Quelqu’un répondit, non! Alors il (Abou Soufiyane) dit; «A présent que le pouvoir est entre nos mains, relayez le entre vous et faites tout pour qu’il n’échappe pas au contrôle des Omeyades. Je jure que selon ce que je crois, il n’existe ni châtiment, ni rétribution, ni paradis, ni enfer ni jour

De jugement»[18]

A l’époque du règne d’Ousmane ce même Abou Soufiyane passa près de quelqu’un. Il (Abou Soufiyane) s’arrêta sur la tombe de Hamza ibn Abdou Moutallib sur laquelle il donna un coup de pied en disant: «Ce pourquoi nous nous battions à l’épée hier est tombé entre les mains de nos enfants et ils jouent avec»[19]

Les attitudes anti islamiques de Mouawiya

A l’époque de son règne, Mouawiya ibn Abou Soufiyane formulait dans un entretiezn nocturen avec Mouguira ibn Shou’ba (l’un de ses gouverneurs) le souhait d’anéantir l’islam. Ce secret fut divulgué par Moutarrif fils de Mouguira. Moutarrif dit:«Mon père et moi étions les invités de Mouawiya à Damas. Mon père allait beaucoup au palais de Mouawiya et s’entretenait avec lui. Lorsqu’il revenait dans notre lieu de séjour, il parlait de sagesse et d’intelligence de Mouawiya; il faisait son éloge. Mais un soir, je remarquai qu’il était très affligé en revenant du palsi de mouawiya. Je compris alors qu’il s’est passé quelque chose qui l’a contrarié quand je lui demandai pourquoi il était ainsi, il répondit: «J’étais auprès du plus dégouttant des hommes du temps. Que s’est –il pasé, demandai-je? Cette nuit j’ai eu un entretien privé avec Mouawiya. Je lui ai dit: à présent que tu as atteint ton objectif et pris le pouvoir, pourquoi ne consacrerais-tu pas le reste de tom temps à traiter les gens avec justice? Sans te comporter aussi mal avec Bani Hachim? Puisqu’ils font partie de ta famille en fin de compte et ils sont dans une situation dans laquelle ils ne représentent plus un danger pour ton règne? Mouawiya m’a répondu: «Jamais! Aboubakr a régné et il a rependu la justice, mais après la mort il ne lui est resté que le nom. Oumar a régné pendant 10 ans et fourni des efforts après sa mort seul son nom est resté. Puis son excellence Ousmane que nul n’égale en noblesse est arrivé au pouvoir et dès qu’il est mort, son nom a été enterré avec lui. Mais cinq fois par jour le nom de cet Hachimite (le prophète Mohammad) est célébré en ces termes: «J’atteste que Mohammad est le messager de Dieu». avec cette situation (le fait que les noms des trois mort alors que celui de Mohammad demeure) qu’est-ce qu’il reste à fairesi ce n’est d’œuvrer pour que son nom meurt et soit aussi enterré?»

Lorsque ces propos de Mouawiya qui dévoilent sa mécréance parvinrent aux oreilles de «Ma’moun» le calife des abbassides par les rapporteurs de hadiths, il fit circuler un communiqué dans tout l’Etat islamique dans lequel il ordonne aux gens de proférer des malédictions sur Mouawiya.[20]

Ceci montre bien comment le parti des omeyades cherchait à anéantir l’islam en menant une action réactive.

Yazid une personnalité dégoutante dans la communauté

Yazid qui a été éduqué dans une telle famille et grandi dans un tel parti croyait très peu à l’islam au nom de laquelle il voulait gouverner les gens. Yazid était un jeun homme immature, orgueilleux, égocentrique à l’esprit très court et versé dans la satisfaction des fantasmes. C’était un homme sans cerveau, immodéré, jouissif pervers extraverti. Yazid qui était déjà noyédans les plaisirs et désir exacerbés n’a même pas su au moins garder les apparences de son père. Sous l’effet d’évasion et des fantasmes qu’il assouvissait, il piétinait en public les symboles sacrés de l’islam et ne reculait devant rien quant il fallait satisfaire ses plaisirs charnelles. Yazid consommait l’alcool et commettait les péchés organissait et dans lesquelles les jeunes filles se trémoussaient pour le divertir, il clamait des poèmes dont le sens donne ceci «Mes chers camarades dans l’alcool levez-vous et écoutez le son des tambours et réjouissez-vous et faites couler la bière et laissez les débats scientifiques et littéraires. Ma musique et mes poèmes mélodieux son plus doux à entendre que l’»azan» et l’appel «d’Allahou akbar». Je suis prêt à substituer les jeunes femmes du paradis (qui ne sont que des promesses) avec une coupe de bière (qui est du concret) (Nous traitons avec le palpable et les promesses sont pour ceux qui croient en la résurrection)[21]

C’est ainsi qu’il foulait les valeurs saintes de l’islam avec une telle bouche souillée. Il reniait sollenellement la mission prophétique et la révélation reçue par Mohammad et tel son grand-père, il considérait tout cela comme des mythes. On le voit par exemple exprime ces vers victoires apparentes sur Hossein ibn Ali: «Hachim a joué avec la royauté et le pouvoir, aucune nouvelle n’est venue de l’au-delà, aucune révélation n’est descendues»

Il évoqua ensuite sa vieille rancœur vis-à-vis des élites de l’islam qui portaient le drapeau (de l’islam) à Badr et qui avaient tué ses proches sous ce drapeau. Il présente l’assassinat de l’imam Hossein (as) comme une vengeance par rapport à cela!»[22]

Une année Mouawiya dépêcha Yazid avec une armée pour aller affronter les Romains (un peu comme s’il voulait montrer aux gens que Yazid ne sait seulement faire la fête et qu’il aussi l’art de la guerre). Il le fit accompagner de Soufiyane ibn Aof. Yazid amena avec lui dans ce voyage Oummou Koulsoum sa femme préférée. L’armée pénétra le territoire romain avant Yazid et les mauvaises conditions de l’eau et du cliamt entrenèrent des maladies qui touchèrent les soldats musulman dans un lieu nommé «GAzkazouna».[23] Yazid fut informé alors qu’il était train de se reposer auprès d’Oummou Koulsoum dans un lieu nommé «Deymouran», savourant les plaisirs et jouait au romantique. Il réagit ainsi «Je suis à Deymouran au mileu des pièces, appuyé sur les oreillets auprès d’Oummou Koulsoum. Je m’en fout si les soldats musulmans meurent à cause de la maladie à Gazkazouna.[24]

Si quelqu’un éprouve une aussi insignifiante affection vis-à-vis des jeunes soldats de la nation, qu’adviendrait –il à la communauté islamique s’il accède au pouvoir? Le domicile de Yazid était devenu un vrai centre de débauche et de turpitude. Les répercutions de sa débauche et son irréligiosité étaient si rependus que les lieux sacrés comme la Mecque et Médine ont étésouillés durant la courte période de son règne.[25]

Yazid finit par l’empoissonné et le tua.[26] Mas’oudi un historien musulman déclare! «Yazid avait adopté la méthode de pharaon dans son comportement avec le peuple et même, le comportement de pharaon est mieux».[27] les documents et les preuves de la débauche de Yazid, sa vie malsaine et son régime répugnant sont si nombreux qu’un livre condensé ne saurait les contenir. Nous pensons que ce que nous avons suffit pour montrer combien ce garçon était un pervers.

Admiration deYazid pour le christianisme falsifié

Au-delà de tout ceci, Yazid était en effet un enfant élevé sous la base des enseignements du christianisme, ou moins il avait une admiration pour le christianisme. Le professeur Abdellah Alâ ili évoque cela en ces termes: «cela peut sembler surprenant si nous considérons que Yazid a reçu une éducation chrétienne, au point d’affirmer qu’il aurait étéélevé loin de l’éducation islamique et qu’il ne connaissait rien de la culture islamique. Cela pouvait étonner le lecteur jusqu’à la limite de la négation. Mais cela ne nous surprendra plus si nous apprenons que du côté de sa mère Yazid appartient à la tribu Bani Kalb de croyance chrétienne avant l’islam; car c’est une évidence démontrée par la sociologie qu’il faut beaucoup de temps pour arriver à déraciner les croyances idéologiques d’une nation, base de toutes les valeurs, les vertus, les us, les coutumes et la culture. L’histoire révèle que Yazid a grandi au sein de cette tribu jusqu’à son jeune âge. En d’autres termes sa personnalité qui le met en évidence a été forgée dans un tel environnement. Donc en plus de l’effet du christianisme sur sa personnalité, la rudesse du climat désertique et le nomadisme se sont conjugués dans son être.

En plus, un groupe d’historiens, tels que le chrétien Lamenesse dans ses livres intitulés «Mouawiya» et «Yazid», estiment que certains maitres de Yazid étaient des chrétiens de Syrie. Et les répercussions d’une telle éducation sur quelques qui aspire à diriger les musulmans n’est plus à décrire. Alâ’ili ajoute: «Le geste de Yazid qui contraint Akhtal le poète chrétien à faire un satire sur les Ansar et la fait de confier l’éducation de son fils à un chrétien, une réalité sur laquelle tus les historiens s’accordent, s’inspirent de l’éducation chrétienne qu’il a reçu».[28]

L’histoire montre bien que Yazid lui-même ne dissimulait pas son admiration pour le christianisme, il le déclarait publiquement: « Si la consommation de l’alcool est prohibée dans la religion d’Ahmad (le messager de l’islam) prend le dans la religion du Messie fils de Marie.[29]

Il faut également retenir que l’empire romain avait ses ramifications au sein de Bani Omeya et certains chrétiens romains étaient les conseillers du régime de Shâm (Syrie). Les historiens avancent clairement que c’est «Sarjoûn» le romain.[30]

Comme le voile est levé sur l’image abominable de Yazid son impiété et son aversion pour l’islam, nous comprenons à travers le soulèvement de l’imam Hossein (a)s que son régime symbolisait non seulement l’inauguration de l’innovation de la monarchie héréditaire en islam, la personne à la tête du régime aussi était anti islamique selon l’imam Hossein (a)s. et comme la mort de Mouawiya dégageait les obstacles existant de son vivant, c’était le moment pour l’imam Hossein (as) de déclarer son opposition. Si l’imam avait donné l’allégeance à Yazid cela aurait constitué un bon argument pour asseoir la légitimité de son régime. Les causes de l’opposition de l’imam apparaissaient bien dans ses lettres. Dès le premier jour où il était sous la pression à Médine à cause de l’allégeance, l’imam avait répondu à Walid qui lui proposait de donner l’allégeance à Yazid: «si les musulmans sont présent l’otage de l’autorité d’un type comme Yazid, il faut lire la Fatiha de l’enterrement de l’islam»[31]

Dans sa réponse aux lettres des Koufites il dresse ainsi le portait du dirigeant des musulman: «L’imam et le guide des musulmans est celui qui applique le livre de Dieu, fait régner la justice et l’équité, suit la vérité et du plus fort de lui obéit à Dieu».[32]

Les messages véhicules par la révolution de Karbala

Tout soulèvement est généralement faite de deux éléments «le sang» et «le message»; le sang est une allusion à la lutte sanglante et la révolution par les armes qui impliquent le fait de tuer ou d’être tué et le sacrifice pour la noble cause. Le côté message comporte l’ensemble des slogans à travers lesquels on véhicule les valeurs de la révolution et ses objectifs. Le message s’avère aussi important pour la victoire de la révolution que la lutte armée. En effet, une révolution dont le bien fondé et l’objet et l’objet ne sont pas exposés à la société ne bénéficie pas du soutien de celle-ci et sera vite oubliée. Parfois la révolution est détournée ou altérée par l’ennemi.

Lorsqu’on regarde la sainte révolution de l’imam Hossein (as), ces 2 éléments apparaissent bien jusqu’au jour de l’Achoura, le soulèvement de l’imam Hossein (a)s avait la couleur du sang du martyr et du dévouement avec pour porte étendard l’imam Hossein (as). Alors que la diffusion du message qui commence après l’Achoura est courageusement menée par l’imam Sadjad (as) et Zeynab Koubrâ qui grâce à leurs multiples discours avaient réveillé l’opinion publique en célébrant le martyre de l’imam Hossein (a)s et ses compagnons et en démasquant le vrai visage macabre du régime omeyade.

Vue la propagande à grand échec engagée par les omeyades contre les Ahl-ul-bayt (as) depuis la l’époque de Mouawiya, la grande et éternelle et le révolution de l’imam Hossein (as) aurait été effacée dans l’histoire si les rescapés et le reste de la famille de l’imam Hossein (as) ne s’étaient lancés dans la révélation et l’éveil des consciences. On voit d’ailleurs certains avancés que l’imam Hassan (as) est décédé suite de pneumonie et de tuberculose!! D’autres affirmait déjà que Hossein ibn Ali fut mort de cancer. Mais la vaste campagne de communication du reste de la famille du maitre des martyrs pendant leur période de captivité, une opportunité offerte la rancœur noire de Yazid, n’a laissé aucune possibilité aux ennemis de Hossein n(as) de falsifier et trahir sa mémoire.

Pour bien mettre en évidence le rôle historique des prisonniers libérateurs de Karbala dans l’éveil des consciences publiques et la transmission du message de la grande révolution de l’imam Hossein (a)s, nous sommes contraints de revenir un peu en arrière et jeter un regard sur la chronologie de règne de Mouawiya en Syrie.

Ere de la domination de Mouawiyya à Sham

Il fau rappeler que depuis la conquête de Sham par les musulmans, les seuls dirigeants qu’il a connu sont Khalid ibn Walid et Mouawiya ibn Abou Soufiyane. Ce peuple n’a jamais reçu le vrai message du prophète (ç), encore moins la tradition de ses compagnons. Ils ne connaissaient l’islam tel qu’il s’était rependu à Médine. Certes 113 compagnons du prophète (ç) ont soit participé à la conquête de ce territoire soit y ont progressivement élu domicile. Mais lorsqu’on observe ce groupe, on remarque qu’en dehors de quelques uns, le reste n’a connu le prophète (ç) que pour un bout de temps et n’a gardé de lui qu’un ou quelques hadiths. Bon nombre de ses compagnons sont morts durant le califat d’Oumar, d’Ousmane et au début du règne de Mouawiya. Seuls onze d’entre eux vivaient encore à Sham au moment du soulèvement de l’imam Hossein (as). Les personnalités âgées de 70 à 80 ans qui avaient préféré vivre loin de la population n’avaient aucune influence au sein de celle-ci. Conséquence, la génération des jeunes de la promotion de Yazid ne connaissaient vraiment pas grande choses de la réalité de l’islam. Peut-être selon eux, l’islam aussi était un système de semblable à celui insaturé par ceux qui régnaient sur ce territoire avant. Le luxe développé par Mouawiya, la dilapidation des biens publics, les protocoles et honneur habituels des pouvoirs tyranniques se traduisent par les actes du genre construire des gigantesques palais, l’instauration des gardes et des longs cortèges et enfin l’exil, l’empoisonnement et l’élimination des opposants sont des choses qui pour eux étaient presque ordinaire. En effet, ils ont vécu cette situation pendant un demi-siècle avec le régime précédent. Ils se disaient que la situation était pareille à Médine.[33]

Bref la population de Sham considérait les comportements de Mouawiya et ceux qui l’entouraient comme une tradition musulmane. Mouawiya a régné sur Sham pendant 42 ans: cinq ans sous l’ordre du 2ème calife et environ 12 ans sous le règne d’Ousmane. Il a également régné moins de cinq ans durant le califat d’Ali (as) et 6 mois au cours du pseudo califat de l’imam Hassan (as). Il s’est autoproclamé calife des musulmans durant presque 20 ans.[34]

Campagne d’intoxication

Durant cette période relativement longue, Mouawiya avait orienté la population de Sham vers un espace où elle manquait de clairvoyance et de connaissance religieuse. Une population disposée à exécuter la moindre volonté de Mouawiya sans poser de question.

Non seulement Mouawiya a régné sur ce peuple militairement et politiquement, il s’était également employé à les aveugler et détourner leur pensée et leur conviction religieuse et ils acceptaient. Avec la ruse et l’esprit démoniaque particulier qu’il avait, il acquit une notoriété grâce à cette grande lacune. Nous savons tous que ces agissements étaient dans le but de ternir l’image d’Ali qu’il avait presque réussi à faire injurier grâce à une innovation abominable. Après l’assassinat d’Ammar Yasir (le soldat de 90 ans et ancien combattant de l’islam) qui se battait aux côtés de l’imam Ali (as) dans la guerre de Seffine, Mouawiya réussit à créer la confusion dans la tête des soldats de Sham et retourner le hadith du prophète (ç) qui avait prédit qu’Ammar sera tué par un groupe d’oppresseurs. Il pointa plutôt Ali (as) comme l’assassin d’Ammar car c’est lui qui avait entrainé Ammar au front et à cause de cela il a été tué.[35]

Le récit de «Nâka» «Jamal» et l’accomplissement de «la prière de vendredi» un mercredi sont bien d’autres preuves qui soutiennent cette idée. Ces faits sont si connus qu’ils n’ont plus besoin d’âtre relatés.[36]

L’abominable régime omeyade avec sa campagne d’intoxication dans sa rancœur s’est employé à salir la famille purifiée du prophète (ç) aux gens de Sham et essayer de présenter Bani Omeya comme la vraie famille du prophète (ç). Les historiens écrivent en effet: «Après la victoire des Abbassides et l’installation du régime d’Abou Abbas Safah, dix dignitaires syriens vinrent le voir et jurèrent que jusqu’à l’assassinat de Marwan dernier calife omeyade, ils ne savaient pas que le messager de Dieu avait une famille héritière en dehors des omeyades, jusqu’à ce qu’il (Safah) devient Emir.[37]

Donc il n’est pas étonnant de lire dans le livre Maktal: «Lorsque la caravane des captifs entrait à Damas, un homme vint se tenir devant Ali ibn Hossein et dit: je remercie Dieu qui vous a tué; anéanti sorti les gens du danger que vous représentiez et fait triomphé Amir al mou’minine sur vous. L’imam Ali ibn Hossein (as) demeura silencieux pour que l’homme de Damas vide ce qu’il avait dans le cœur. Il demanda enfin à l’homme qui avait fini de parler: «Tu lis le coran? Bien sûr, répondit l’homme. As-tu déjà lu ce passage: «Dit je ne veux aucune rémunération «par rapport au message de l’islam que je vous ai transmis» si ce n’est «d’éprouver de l’affection vis-à-vis de mes proches»? L’homme dit oui. Et cet autre passage ajouta l’imam: «Donne aux proches ce qui leur revient de droit» et ce verset «Dieu veut simplement éloigner intégralement de vous toute souillure Ahl-ul-bayt et vous purifier entièrement». Ô Sheikh, conclue l’imam, ces versets ont été révélés à notre honneur. Les Zi korbâ (mes proches) c’est, nous sommes les Ahl-ul-bayt purifiés entièrement de toute souillure. C’est alors que le Sheikh réalisa que ce qu’on lui avait dit au sujet de ces personnes n’était pas vrai; ils ne sont pas les Kharji (ceux qui sont sortis de la religion). Ce sont les enfants du prophète (ç). Il regrette tout ce qu’il avait dit puis ajouta «Seigneur! Je me repends par rapport à la haine et l’aversion que j’éprouvais pour eux (Ahl-ul-bayt), je désavoue les ennemis de Mohammad (ç) et de la famille de Mohammad (ç)»[38]

La récolte du voyage des captifs sur leur itinéraire

Avec toute la vaste campagne d’intoxication engagée contre la famille du prophète (ç), l’importance du voyage des rescapés de la famille de l’imam Hossein (as) se voit bien. Ils ont réussi au cours de ce voyage à dissoudre 40 ans de campagne de sabotage et dévoiler le vrai visage du régime omeyade. Ainsi, ils ont réveillé les syriens au point qu’en rentrant à Médine qu’ils avaient le statut d’une armée de conquérants qui avaient bien accompli sa mission. Nous mentionnons deux exemples historiques pour ressortir la grandeur du message et de l’opération que les messagers du soulèvement de l’imam avaient bien mené.

1 – Immunisation de la famille de l’imamat dans la tragédie de Horra

Après la mort de l’imam Hossein (as), Médine qui était le fief de la famille du prophète (ç) entra progressivement en mouvement de protestation en même temps avec les autres pays islamiques. Le gouverneur de Médine croyant avoir murement réfléchi dépêcha à Damas un groupe des dignitaires de la ville pour rencontrer le jeune calife de plus près et bénéficier de ses faveurs afin d’encourager les gens à son retour à se soumettre à lui.

Yazid qui ne connaissait ni le savoir vivre, ni réfléchir long terme ni respecter les règles islamiques en publique se mit à consommer de l’alcool, jouer avec le chien et bien d’autres attitude anti islamique devant les délégués de Médine. Dès qu’ils revinrent à Médine, les émissaires n’avaient pas caché leur colère: «Yazid est un alcoolique pervers qui adore joué avec les chiens et une telle personne ne peut être le calife des musulmans. Finalement l’insurrection couvrit toute la ville et la population expulsa de la ville le gouverneur et la famille omeyade. Dès que cette nouvelle parvint en Syrie, Yazid dépêcha une armée sous le commandement de «Mouslim ibn oukba» un homme âgé pour mater l’insurrection à Médine. Mouslim encercla Médine. Après une courte résistance, les habitants lâchèrent et se soumirent. L’armée de Sham engager le massacre des populations de Médine pendant 3 jours. Les soldats de cet armée ne manifestèrent aucune réserve en ce qui concerne tout ce qu’on peut faire d’horrible. Les croyants qui passaient des nuits à adorer Dieu ont été massacrés, les femmes et les filles ont été violées par cette bande de barbares déguisés en musulman. Cette tragédie est connue dans l’histoire par «la tragédie de Horra».[39]

Le domicile de l’imam Sadjad (as) et Bani Hachim ne furent touchés par cette tragédie et les familles qui s’y étaient refugiées durant le siège avaient été préservées contre le danger.

Tabari écrit: «Yazid ordonna ceci à Mouslim ibn Oukba lorsqu’il l’envoyait marcher sur Médine:

«Ali ibn Hossein n’a pas participé au soulèvement, donc ne le touche pas et comporte toi bien avec lui»[40]

Sheikh Moufid écrit également: «Lorsque Mouslim ibn Oukba entra dans la ville il convoqua l’imam Zeynoul Abidine. Quand l’imam arriva il l’installa près de lui, exprima son respect vis-à-vis de lui et dit:» Amir al mou’minine (Yazid) n’a recommandé de bien me comporter avec toit et de t’épargner. L’imam Ali (as) le remercia. C’est alors que Mouslim dit son entourage: «Préparez mon milet pour lui! Il se tourna et dit à l’imam: rentre auprès de ta famille, c’est comme si nous les avons effrayé et nous les avons inquiété en vous faisant venir ici. Si nous pouvons faire quelque chose, comme tu le mérites, n’hésite guère car tu nous es proche»[41]

Pour des raisons que nous évoquons dans la biographie du 4ème imam, il n’y a aucun doute le comportement de Mouslim vient du fait qu’Ali Hossein (as) ne s’était pas mêlé à l’insurrection et n’avait pas soutenu ses instigateurs. Donc voilà Mouslim aussi le gouvernement de Yazid a payé le prix fort dans l’assassinat de l’imam Hossein (as), un crime qui a placé son régime dans l’étau de la pression de l’opinion publique. Ainsi Yazid ne voulait pas s’attirer encore la foudre de la colère publique en bousculant encore la famille de l’imamat.

2 – L’ordre d’Abdou Malik Ibn Marwan à Hajjâj

Yakoubi écrit: «Abdou Malik ibn Marwan avait été écrit à Hajaj qu’il avait nommé gouverneur du Hijaz: «Ne met pas le sang des enfants d’Abou Talib sur mes mains. Car j’ai vu que comme la famille de la guerre (Abou Soufiyane) est entrée en conflit avec eux, ils sont hors circuit»[42]

Comme nous savons qu’Abdou Malik fut un calife omeyade très doué en politique.[43] Et qu’il est arrivé au pouvoir 5ans après la tragédie de Karbala, nous saisissons l’importance de ces aveux. En effet, cet ordre montre que la famille d’Abou Soufiyane n’avait pas reculé dans leurs ambitions macabres malgré toutes les pressions sur la famille d’Abou Talib. Ils ne leur reste que l’échec et la malédiction éternelle.

Dislocation du soutien idéologique des Omeyades

Généralement dans les sociétés humaines quelle que soient la puissance des régimes et gouvernement tyranniques ils ont finalement besoins d’un soutien idéologique et philosophique. C’est-à-dire système de croyance pour ont besoin d’un système de croyance pour soutenir et justifier leur système économique et politique. En d’autres termes, les puissances tyranniques ont toujours besoin d’un instrument de propagande à côté de leur instrument de force et de domination pour dompter et soumettre facilement le peuple. En effet, un peuple doué de discernement ne laissera jamais un dirigeant pervers et traitre régner sur lui. Raison pour laquelle il faut l’appui d’un ordre idéologique à ce genre de régime grâce auquel il s’arrange pour contrôler l’esprit du peuple. Cet d’ordre de pensée peut varier selon les sociétés: ailleurs il apparaitra sous forme d’une philosophie, une doctrine, un «isme» ou une confession religieuse.

Le régime oppresseur anti islamique des omeyades avait sérieusement besoin d’une base idéologique. Comme la société était une société une société islamique, il était contraint de masquer ses crimes et ses et ses exactions avec la religion et contrôler l’opinion publique avec une série de propagandes religieuses. Nous ne devons pas s’imaginer que Bani omeya était indifférent au jugement du peuple. Face aux crimes qu’ils commettaient ils ne se disaient pas: «Laissez le peuple penser et dire ce qu’il veut». Au contraire pour brouiller l’opinion publique ils avaient conçu certaines pensées pour faire croire à la population que la situation actuelle était la meilleure et qu’elle devait être préservée.

Prédestination et déterminisme

Le concept de prédestination ou de déterminisme était un instrument que les omeyades exploitaient pour aveugler les gens. Généralement chaque fois qu’un gouvernement tyrannique veut justifier ses actes, il prétend que ce qu’il fait avait déjà été écrit. C’est-à-dire mettre cela au compte du destin que Dieu à lui-même tracé. Ils attribuent à Dieu chaque acte qu’ils commettaient. Car selon eux si Dieu voyait que cela n’était pas bien, il n’aurait pas laissé la chose se produire. Voilà comment le fatalisme est conçu dans sa logique. C’est-à-dire ce qui se passe ne devait se passer qu’ainsi et ce qui ne se passe ne normalement pas se passer.[44]

Le fatalisme est une philosophie sur laquelle reposait la logique du régime omeyade. En rependant cette idée, ils se battaient pour étouffer dans l’œuf la moindre éventuelle contestation populaire. Les omeyades soutenaient la secte«jabriya» partisane du déterminisme afin d’asseoir son autorité et empêcher tout soulèvement des musulmans. Les omeyades sentaient peser la menace de la doctrine «quadriya», un courant idéologique qui soutient que l’homme est libre et pose chaque acte consciemment. Pour eux entreprendre tout en choisissant librement. Et comme il est libre de choisir d’agir ou d’adopter une attitude, il en est donc responsable, car toute liberté implique la responsabilité.[45]Ce courant idéologique était un danger pour les omeyades qui redoutaient l’opposition de la nation musulmane. C’est ainsi qu’ils soumettaient les leaders et les actes de la pensée quadriya à une pression et soutenaient largement les fatalistes qui développent une philosophie nettement opposée. Une évidence d’ailleurs puisque la conception omeyade allait dans le sens des ambitions politiques. Cette secte chantait au peuple:« bien que les actes et les agissements omeyades sembles inacceptables, ils font partie de ce que Dieu avait déjà programmé et sont par conséquent inchangeable. Donc se dresser contre eux ne set à rien. Mouawiya donnait l’impression d’adhérer au fatalisme afin de justifier son comportement vis-à-vis de la nation. En d’autres termes, il disait qu‘il n’exerçait que la volonté divine et rien ne peut changer cela. Et comme il était le calife des musulmans, les péchés qu’il commettait n’avaient aucun effet sur son statut et cela ne donnait aucune permission de protester contre lui. Il est clair qu’un type comme Mouawiya ne peut pas négliger les intérêts capitaux que lui garantirait l’école des fatalistes. Les autres omeyades et lui savaient que les musulmans ne pouvaient pas supporter leur régime et qu’ils étaient considérés comme une bande de tricheurs et d’imposteurs très hostiles à la famille du prophète (ç) et assassins des pieux et innocents. Ils étaient bien conscients que seule la pensée fataliste pourrait empêcher les gens de s’insurger contre eux et contre leurs actes. Une secte qui dit aux gens: «Dieu avait prévu dès le premier jour que cette famille (omeyades) accèdera au pouvoir. Donc leurs actes et comportement n’est rien d’autre que ce que Dieu avait inéluctablement présenté. Donc la diffusion de cette idéologie au sein des musulmans était totalement à l’avantage des omeyades leur régime.[46]

Le recours à la littérature comme instrument d’enbobinement

Pour affirmer ces idées, la poésie était également exploitée à côté de ces alibis religieux. Mouawiya exploité à fond l’influence des poètes de son époque sur l’opinion publique dans le but de garantir ses intérêts. Mouawiya et les autres dirigeants qui l’ont suivi écoutaient avec plaisir les poésies que clamaient les poètes qui chantaient que leur autorité était d’origine divine et venait de la volonté divine. Ils allaient jusqu’à obliger les poètes à clamer de tels vers pour ne donner aucune possibilité à un croyant de s’insurger contre Bani omeya. Les agents à la solde de Mouawiya étaient chargés de verser les idées particulières de Mouawiya dans les vases et rependre aisément dans la société, que ce soit sous forme de hadith rapportés de la bouche du prophète (ç) ou al poésie.[47]


Zeynab dans le palais d’Ibn Ziyad

Après la tragédie de Karbala, les agents de Yazid se sont servis de ce instrument pour lancer leur propagande en clamant que la victoire éphémère de Yazid était la volonté divine. Après l’assassinat de l’imam Hossein (as), Obeydoullah ibn Yazid réunit les gens dans la mosquée de Koufa afin de les informer de la situation. Il prit un air religieux et dit: «Louange à Dieu qui a fait triompher la vérité qui a assisté amir al mou’minine (Yazid) et ses suiveurs, et à tué le menteur fils de menteur»[48]

Zeynab et l’imam Ali ibn Hossein (as), très conscients des velléités propagandistes de l’ennemi, engagèrent une offensive contre les ambitions omeyades avec des déclarations soutenues. Ils présentèrent Yazid et ses complices comme responsable des exactions et criminels. L’une des confrontations entre deux pensées eut lieu quand les femmes et les enfants des rescapés de Karbala entrèrent au palais d’Obeydollah ibn Ziyad.

Ce jour là Ibn Ziyad avait organisé une cérémonie publique dans son palais et demanda qu’on plaçât devant lui la tête décapitée de l’imam Hossein (as). Puis il fit entrer les femmes et les enfants rescapés au palais. Zeynab vêtue simplement s’était installée dans un coin, entourée des femmes et des servantes, si bien qu’on ne pouvait pas la remarquer. Obeydollah jeta un coup d’œil dans sa direction et demanda qui était cette femme assise à l’écart et entourée d’autres femmes? Zeynab ne fit aucun signe. Obeydollah reprit sa question et une servante répondit:

- C’est Zeynab la fille de Fatima Zahra la fille du messager de l’islam. Obeydollah se tourna vers Zeynab et dit:

- Louange à Dieu qui vous a déshonorés, tués et montré que tout ce que vous disiez n’était qu’un tissu de mensonge.

Zeynab réagit:

- Louange à Dieu qui nous a honorés par l’intermédiaire de son messager (qui est de notre famille) et nous a éloignés de toute souillure. Seuls les pervers déconsidérés et les malfaiteurs s’emploient à mentir. Et nous ne sommes pas le malfaiteur, ce sont les autres (c’est-à-dire toi et tes complices). C’est à Dieu que reviennent les louanges.[49]

- Tu vois ce que Dieu a fait à ta famillerevint Ibn Ziyad à la charge?

- A part la beauté et la splendeur je ne vois rien d’autre. Dieu les avait élus et ils ont été tués. Ils ont obéi et sont allés vers lui. Sache que Dieu te confrontera à (le jour du jugement). Ils se plaindront de toi très bientôt et réclameront justice. Ce jour on verra qui sera le vainqueur. Que ta mère s’assoie et se lamente pour toi ô fils de Marjânah!

Ibn Ziyad entra dans une violente colère (à cause des propos directs et sévères de Zeynab et aussi à cause du fait qu’il l’a interpellé par le nom de mauvaise réputation de sa grand-mère c’est-à-dire Marjâne), il voulut prendre une décision sévère à l’immédiat. L’un de ceux qui étaient présents et qui répondaient au nom d’Amrou ibn Horayth: «Amir c’est une femme et on ne puni pas les femmes à cause de leur bouche».

Ibn Ziyad se tourna une fois de plus et s’adressa ainsi à Zeynab: «Ah Dieu a guéri mon âme en tuant ton insubordonné de frère et sa famille d’insurgés et d’insoumis». Zeynab répondit:

«Je jure par mon âme que tu m’as tué, tu m’as coupé le cri et tu m’as déboussolé. Si cet acte est plutôt une guérison pour toi, alors c’est que tu es vraiment guéri»

Ibn Ziyad particulièrement influencé par le style du discours de Zeynab Vociféra ces propos avec un ton à la fois colérique et ironique: «Celle-ci parle exactement comme son père. Je jure que ton père était aussi un poète et parlait avec rime.

Zeynab dit:

Qu’est-ce que la femme a à faire avec des propos rimés (est-ce le moment de clamer les vers maintenant?)[50]

Sachant parfaitement vers quel sens allait les propos d’ibn Ziyad, Zeynab est intervenu et a déjoué ses intentions et avec ses propos, elle prouvé que c’est avec «l’honneur et les mérites» qui constituent les vrais critères d’évaluation et de recherches de la vérité et non le pouvoir et la puissance apparente. Celui qui tombe martyr pour la cause de Dieu n’est pas déshonoré. C’est plutôt celui qui commet les injustices et qui dévie de la vérité qui est déshonoré.

Obeidoullah se disait qu’avec une simple provocation, il pouvait abattre Zeynab l’affligé, Zeynab qui venait de perdre un être cher, il pensait qu’avec ce geste il pouvait la contraindre à pleurer et manifester ainsi sa faiblesse. Mais, avec tout le courage possible, Zeynab a réagi face à ses propos et elle lui a brisé la bouche ainsi que l’orgueil.

En réalité quelle femme dans l’histoire de l’humanité s’est déjà ainsi employée à défendre ses martyrs après avoir perdu six ou sept frères, son propre fils, dix de ses neveux et cousins et en plus qui se retrouve elle, ses sœurs et ses frères rescapés en situation de captivité? Et en plus elle défend et célèbre ses martyrs dans une ville et au fief même du califat de son père et au palais gouvernemental où son père a vécu presque durant tous les quatre ans de son règne. Malgré tous ces évènements, Zeynab n’a pas montré un signe de consternation de détresse au contraire, elle s’est plutôt montrée vaillante et déclaré solennellement qu’elle n’a vu que ce qui était bien car leurs hommes étaient venus au front pour tomber martyr. Et si la situation se présentait différemment de celle-ci, il fallait s’inquiéter. Mais à présent qu’ils ont bien remplit leur devoir divin, et qu’ils ont obtenu le mérite du martyr, il ne reste plus qu’à remercier Dieu. Car c’est la meilleure des choses qu’on peut faire dans ce genre de circonstance.[51]

Discours de Zeynab à Koufa

Ici c’est Koufa et Koufa n’est pas Damas, Koufa est la cité qui fut vingt ans plus tôt la capitale du gouvernement d’Ali (as), ici c’est le fief des chiites et les gens qui vivent ici et qui en partie sont des Irakiens réclament un gouvernement de justice islamique et la libération des griffes des tyrans et ce sont les partisans des Ahl-ul-bayt (as). Mais ils ne sont pas prêts à payer le prix d’un tel bienfait, les populations ici veulent une vie ordinaire, des richesses et le pouvoir. Ils veulent aussi être indépendants, libres contre toute forme de monarchie. Chaque fois qu’ils sont sous pression ou si leurs biens sont menacés, ils abandonnent toutes les valeurs. Ce sont des gens à double facette, ils sont l’otage d’une forme de contradiction interne: d’un côté, ils invitent fervemment le fils du prophète (ç) et de l’autre côté à cause des pressions ils oublient non seulement leurs engagements, mais ils s’associent aux ennemis dans l’assassinat de l’enfant du prophète (ç). Donc, il faut les réveiller, les secouer pour qu’ils réalisent leur erreur, il faut qu’ils réalisent quel crime atroce ils ont commis en assassinant Hossein ibn Ali (as).

Cette responsabilité reposait beaucoup plus sur les épaules Zeynab parmi les femmes car les femmes de Koufa dont l’âge était au-delà de la trentaine avaient déjà vues Zeynab aussi vingt ans plus tôt lors du règne de son père. Elles savent parfaitement le respect et l’honneur que son père Ali (as) lui accordait. Zeynab était une figure connu au sein d’elles c’est-à-dire les femmes de Koufa; en voyant Zeynab parmi les captives cela leur suscité les souvenirs du passé. Zeynab profita de cette occasion et s’engagea dans u discours, les gens avaient entendu une voix qui leur était habituelle et ils avaient l’impression que c’est Ali (as) lui-même qui parlait. Sa voix, son ton était d’Ali (as) et sa voix d’Ali (as). Est-ce Ali (as) qui parle vraiment ou sa fille? Oui c’était Zeynab Koubrâ qui parlait.

Ahmad ibn Abi Tair plus connu sous le nom d’Ibn Teifour (204-280) écrit dans son ouvrage Bélagatoul Nisaa qui constitue un recueil de propos de femmes arabes et musulmanes (l’un des anciens ouvrages): «Hadim Asadi»[52] «j’entrai à Koufa en l’an 61, l’année de l’assassinat de l’imam Hossein. Je vis que les femmes de Koufa étaient en train de pleurer je vis Ali ibn Hossein que la maladie affaiblissait et anéantissait. Ali ibn Hossein leva honorablement sa tête et dit: «Ô gens de Koufa, vous pleurez pour notre malheur? Alors qui en dehors de vous nous a tué?»»

Avec un geste de la main, Oummou Koulthoum demanda aux gens de se taire.[53] Ses propos instaura un silence cadavérique et même les clochettes des chameaux se turent, c’est alors qu’elle commença à parler jusqu’ici je n’avais encore vu une femme bien voilée pleine de dynamisme et d’éloquence, on dirait que c’est Ali (as) qui parlait. Voici les propos de Zeynab:

«Peuple de Koufa, peuple douée dans la duperie et la trahison! Que vos yeux n’émettent jamais les larmes de crocodiles! Non que vous yeux n’arrêtent jamais de couler les larmes, que vos cris ne cessent de vous lacerez la poitrine! Vous demeurez comme cette femme qui voyant filer ce qu’elle a se met subitement à déchirer ses bases. Votre engagement n’a aucune valeur encore moins votre serment. Qu’avez-vous d’autre si ce n’est la fanfaronnade, la vantardise, la flagornerie d’une jeune servante et la coopération sécrète avec l’ennemi? Vous êtes pareils à une récente plante verte poussant sur un tas de grotte, un trésor enseveli sur une tombe. Quelle mauvaise provision vous avez apprêtez pour l’au-delà: la colère de Dieu et le châtiment de l’enfer! Vous pleurez? Oui pleurez à Dieu car vous méritez les lamentations pleurez plus et riez moins. Pourquoi ne pas pleurer avecle déshonneur que vous avez achetez? Une honte qu’aucune eau ne peut laver. Quel déshonneur pire que l’assassinat du fils du prophète (ç), le prince des jeunes du paradis? L’homme qui vous servait de phares et d’assistant dans vos pires moments de ténèbres.

Mourrez! Mourrez de honte! Vous avez donné au vent votre passé et vous n’avez rien obtenu pour l’avenir. Vous vivrez désormais dans l’humiliation et l’indignation. Vous avez foncé dans la colère de Dieu et l’acte que avez posé a faillit faire tomber le ciel, fendre la terre et pulvériser les montagnes.

Savez-vous quel sang vous avez versé? Savez-vous quelles femmes et filles vous avez trainé sans voile dans les allées du marché? Savez que vous avez déchiré le foie du prophète? Quel abominable acte stupide! Un acte dont l’horreur a couvert l’univers entier. Vous vous étonnez de voir les gouttes de sang tombé du ciel? Sachez que l’humiliation du châtiment du jour du jugement sera encore plus sévère. Ne vous réjouissez pas si Dieu ne vous pince pas maintenant pour la sacrilège que vous avez commis. Il ne puni pas immédiatement pour un péché tout comme il ne laisse impuni le sang versé des opprimés».

Ce genre de propos avec de telles expressions provenant d’un cœur brisé tirant son énergie d’une mer pleine de foi en Dieu avait vraiment secoué tout le monde. Les auditeurs se tordaient de regret. Dans une telle scène, pleine d’affliction et de leçons, un homme de Bani Jo’fi dont la barbe était mouillée à force de se lamenter, clama quelques vers dont le contenu se présente comme suit: «les garçons de cette famille sont des meilleurs garçons. Une tâche de honte ou d’humiliation ne s’est jamais déposée sur les enfants de cette famille»[54]

Zeynab dans le palais de Yazid

Yazid avait donné l’ordre d’envoyer les captifs ainsi que les têtes décapitées des martyrs en Syrie. La caravane des captifs prirent la route de la Syrie. Les agents d’ibn Ziyad étaient très violents, le numéro un de la Syrie, comptait les minutes en attente de l’arrivée de la caravane qui pour lui était la caravane de la victoire. La caravane des captifs passa par le grand portail et fut soumise à la contemplation des milliers de spectateurs. La ville de Damas était enflammée par la joie et l’allégresse de la victoire de Yazid. La colonne des captifs traversait des rues et des ruelles au milieu d’une grande foule jusqu’au grand palais de Yazid.

Le dignitaire de la cours de Yazid était orgueilleusement installé sur un podium et prêt à recevoir les captifs. Contrairement à la cérémonie d’Obeidoullah, tout le monde n’avait pas eu accès à elle de Yazid. Seuls les dignitaires du pays et les notables des clans et tribus et certaines représentatants étrangers étaient présents. Raison pour laquelle cette cérémonie une importance très capitale.

Les captifs entrèrent dans le palais et furent installés dans un coin qui avait été prévu pour eux. Comme Yazid avait vu les captifs de la famille du prophète (ç) debout devant lui, il ordonna de placer la tête de l’imam Hossein (as) au milieu d’une grande cuvette. Quelques instants plus tard, il frappait les dents de la tête de l’imam Hossein (as) à l’aide d’un bâton qu’il avait entre les mains et clamé un poème Qu’Abdellah ibn Zabhari Sahmi avait prononcé lorsqu’il était encore mécréant, un poème qui rappelait encore les rancœurs de l’époque du paganisme:

«Dommage que nos grands qui étaient dans la bataille de Badr et qui avaient subit les pluies des flèches de la tribu Azrach ne soient pas présents dans cette cérémonie aujourd’hui. Ils se seraient réjouis et ils auraient dit bravo Yazid tu as fait gouter à la famille d’Ali (as) le châtiment du jour de Badr et tu as pris notre revanche sur eux…»[55]

Défoulement de Zeynab

Si la réunion avait pris fin ainsi, Yazid serait apparu comme vainqueur ou alors ce qu’il ordonnait de faire n’aurait pas vraiment paru abominable. Mais Zeynab n’a pas laissé les choses se terminer ainsi. Elle transforma en une substance plus amère ce qui faisait la joie de Yazid jusqu’ici, il montra à ceux qui étaient présents que ce qu’ils avaient en face d’eux étaient les filles du même prophète au nom duquel Yazid régnait sur la population de Shamr. Zeynab entama de force un discours s’adressant à Yazid avec beaucoup de courage: «Les prédilections de Dieu et son prophète sont vraies. Oui l’issu de ceux qui ont fait le mal sera qu’ils considéreront les versets de Dieu comme un mensonge et en feront l’objet d’ironie. Yazid! Tu te dis que comme tu nous a rendu étroit, les limites de la terre et du ciel et que sous ton ordre on nous entraine de villes en villes tel des prisonniers, nous sommes humiliés et toi honoré, tu te dis que ton pouvoir a acquis des ailes grâce à cet acte, tu te gonfle d’orgueil par rapport à ceci et par rapport à cela? Quand tu vois que les instruments de ton pouvoir sont prêts et que les choses nécessaires pour ta royauté vont bon train tu exulte de joie. Mais tu ne sais pas que cette occasion t’a été donnée afin que tu puisses montrer ta vraie nature. As-tu oublié cette parole de Dieu qui dit:«Les mécréants se disent que le délai que nous leurs avons accordé est plutôt quelque chose de bien pour eux. Nous leurs donnons un délai pour qu’ils alourdissent encore le cas de leur péché, c’est après qu’ils seront pris par un châtiment qui les humiliera». Ô fils d’affranchi[56] est-ce juste que tes femmes, tes filles et tes servantes soient protégées derrière le voile de la dignité? et que tu expose les filles du prophète que tu as prisonnier dont tu as déchiré les voiles de la dignité et étouffé leur cris dans la gorge, Et que des hommes étrangers leurs baladent de villes en villes sur le dos des chameaux, Non ni personne ne leur accorde un refuge, ni personne ne veille sur elles, personne ne s’occupe de leurs hommes? Les gens viennent de tous les coins pour les regarder?

Mais que peut-on attendre de la part de quelqu’un dont le cœur est noir de haine vis-à-vis de nous? tu dis que tu aurais souhaité que tes pères qui sotn tombés dans la guerre de Badr soient ici, et en disant cela tu tapote les dents du fils du prophète (ç) avait un morceau de bois? Jamais tu ton rêve ne se réalisera. A cause du péché que tu as commis et du sacrilège que tu as fait! Pourquoi ne pas le faire? Tu as ravivé le conflit de deux familles en versant le sang des enfants du prophète (ç) et de la famille d’Abdel Moutallib qui étaient des étoiles sur la terre. Ne te réjouis pas car tu rejoindras bientôt le seigneur. C’est ce jour-là que tu diras or si seulement j’étais aveugle et muet pour ne pas voir ce jour, tu regretteras d’avoir dit mes pères si vous étiez présents dans cette cérémonie, vous seriez fier! Seigneur réclame toi-même notre droit et prend notre revanche sur celui qui a été injuste envers nous!

Je jure par Dieu tu as toi-même déchiré ta peau et arraché ta chair. Le jour où le messager de Dieu, sa famille et les parties de son être seront sous l’ombre de la clémence et la miséricorde de Dieu, tu seras debout plus humilié et plus rabaissé. C’est ce jour là que Dieu exécutera sa promesse. Ce jour là les opprimés dont chacun est confiné dans son versé, se réuniront et ils diront: «Ne pensez pas que ceux qui sont tombés pour la cause de sont vraiment morts, non ils sont vivants et jouissent des bienfaits de leur Seigneur». Mais, celui qui t’as ainsi injustement imposé à la tête des musulmans (Mouawiya) saura qui est le plus malheureux et le plus abandonné le jour où Mohammad le trainera devant la justice de Dieu et que tes mais et tes pieds témoignent devant ce tribunal des crimes que tu as commis.

Yazid ennemi de Dieu! Fils d’ennemi de Dieu! Tu n’as même pas une valeur à mes yeux pour que je me mette à te faire des reproches et tu es si petit que je te fasse des blâmes. Mais que faire, les larmes de mes yeux attristés partent bousculés les cris de ma langue. Après que Hossein (as) ait été assassiné et que le parti de Satan nous ait entrainés à Koufa dans le fief de parti des gens inconscients en vue de violer la dignité de la famille du prophète (ç) moyennant une récompense à partir de la trésorerie de musulmans, après que ce fauve ait coloré ses mais de notre sang et sa bouche des morceaux de notre chair, après que ces tigres se sont mis à sautiller près des corps purs te blâmer et te faire des reproches pourrait calmer quel genre de douleur?

Si tu penses avoir gagné après nous avoir tués, et fait de nous des prisonniers saches que bientôt tu verras qu’au lieu des profits, c’est plutôt des pertes que tu as enregistrées. Ce jour-là, n’apparait à toit que ce que tu auras fait ce jour là, tu appelleras le fils de Ziyad à l’aide et lui aussi il demandera ton aide! Toi et tes suiveurs seront réunis sur la balance de la justice divine. Ce jour là tu sauras que les provisions de voyage que Mouawiya a préparé pour toi sont le crime sur les enfants du prophète (ç). Je jure par Dieu que je n’ai peur de personne si ce n’est Dieu et je ne me plains qu’à lui. Fais tout ce que tu veux utiliser toutes les ruses que tu as, démontre toute l’aversion que tu as! Je jure par Dieu que cette tâche qui s’est déposé sur ton habit ne disparaitra jamais. Je remercie Dieu qui a fini en beauté les œuvres du maitre des princes du paradis et rendu obligatoire ce lieu (le paradis). Je prie Dieu qu’il élève encore leur niveau là bas et leur couvre d’avantage de sa miséricorde car il est le meilleur protecteur et le plus puissant des assistants»[57]

On comprend une telle réaction à partir des propos d’un cœur brisé, une âme attristée et pleine de piété. Lorsqu’un homme au cœur le plus dur se retrouve face à face avec la foi et la piété, il ressent sa faiblesse et son incapacité face à son adversaire et pour quelques instants, il sent une incapacité à prendre une décision. Un silence cadavérique envahir le palais, Yazid vit les marques et les signes de la consternation sur le visage des gens qui étaient présents alors il dit: «Que Dieu tue le fils de Marjâne. Moi je n’étais pas d’accord qu’on tue Hossein!...»[58]

Campagne de sensibilisation du quatrième imam

Pour se libérer de l’humiliation, de l’asservissement et retrouver l’honneur et la liberté, préparer le terrain pour une révolution bien murie dans un cadre plus élargi contre l’injustice, l’étouffement et l’altération de la vérité il n’existe d’autres moyens que de sensibiliser et d’éveiller les gens.

Il faut révéler les choses aux gens et réveiller leur conscience afin qu’ils ressentent la responsabilité et là toute seule, la révolution peut se produire.

Cela faisait partie du plan de l’imam Hossein (as) qui dans la première phase est allé en martyr avec ses compagnons et laissé la deuxième phase c’est-à-dire relayer le message de Karbala sous la responsabilité de l’imam Zeynoul Abidine (as) et de Zeynab Koubra.

C’était avec cette méthode de combat qu’on pouvait anéantir tous les efforts conçus par les omeyades depuis plus de trente ans. Puis, provoquer une insurrection contre eux et faire trembler le palais de Yazid et des omeyades puis provoquer sa chute pour toujours.

La deuxième phase de ce combat permanemment accompagnée de pression des Ahl-ul-bayt (as) et partant de l’époque d’Achoura avec le discours de Zeynab Koubra la fille d’Amir-ul-mou’minine dans le marché de Koufa ensuite les courtes allocutions simples mais de sens et de fond de l’imam Zeynoul Abidine (as) s’est poursuivit dans la même ville. L’imam recommanda à la foule venu beaucoup plus pour contempler les captifs de garder le silence. Tout le monde se tue, et après avoir adressé des louanges à Dieu, il dit: «Eh peuple! Ceux qui me connaissent me connaissent et celui qui ne connait pas, je me présente à lui: je suis Ali le fils de Hossein, le fils d’Ali et fils d’Abi Talib. Je suis le fils de celui dont on a bafoué la dignité, pillé les biens…Et que les gens ont emprisonné. Je suis le fils de celui dont on a coupé la tête à côté de son Euphrate, or il n’avait commis d’injustice envers personne ou voilé les droits de quelqu’un. Je suis le fils de celui dont on a coupé la tête et c’est un grand honneur pour moi. N’est-ce pas vous qui aviez à mon père? N’est-ce pas vous qui lui aviez donné l’allégeance? N’est-ce pas vous aviez pris l’engagement avec lui? N’est-ce pas vous qui l’aviez trahi? N’est-ce pas qui vous êtes détournés de venir combattre avec lui? Quel mauvais comportement? Quelle mauvaise manière de réfléchir et d’agir?

Si le messager de Dieu vous dit: «Vous avez tué mes enfants, voilé ma dignité, vous n’êtes pas de ma communauté comment allez vous le regarder dans les yeux?

Ces courtes allocutions sérieusement touchantes dans un tel environnement étouffant avait soulevé une sérieuse tempête. Tellement ces propos ont touché les gens de Koufa que qu’on entendit des bruits des honnêtes se soulevés de partout. Les gens se disaient mutuellement: «Ô vous êtes anéantis mais vous en savez pas. Ali ibn Hossein dit: «Que Dieu pardonne celui qui écoutera mes conseils et maintient dans la tête ce que je dirai pour Dieu et pour le prophète (ç). Notre tradition est celle du messager de Dieu qui est la meilleure des traditions». A ce moment tout le monde dit: «fils du prophète! Nous vous écoutons, nous sommes prêts à vous obéir et nous te sommes loyaux. Nous ne t’abandonnerons pas, nous combattrons quiconque que tu désigneras et nous ferons la paix avec celui que tu voudras! Nous capturerons Yazid et nous désavouons ceux qui ont commis l’injustice sur toi!» Alors Ali ibn Hossein dit: «Jamais ô menteurs doué en fourberie! Ô prisonniers des passions et des désirs, vous voulez me faire la même chose que vous avez fait à mon père, non je jure par Dieu la plaie que vous avez causé saigne encore et la poitrine de mon père et mes frères brulent encore de la mort. Le goût amer de cette douleur étouffante et cette affliction est inconsolable pour moi. Ce que je veux c’est que vous ne soyez ni avec nous ni contre nous»[59]

Il est fort possible que ce discours ait été tenu à Koufa lors du retour des Ahl-ul-bayt (as) de la Syrie car d’un côté, il est long et lors du départ du voyage pour la Syrie, le contexte n’était pas libre pour prononcer un tel discours, l’occasion et le temps manquaient également. D’autre part, Tabrasi dit au départ de ce discours: Ali ibn Hossein a fait ces reproches aux gens de koufa lorsqu’il sortait pour Fescad et il leur af ait ces reproches par rapport à leur comportement et à leur manque d’engagement…(Ihtijaj, vol 2, page 166, Najaf, Mat ‘taha Al Mortazawiya). Nous asavosn bien qu’il n’existait pas de hangar lors du voyage pour la Syrie pour qu’on dise que l’imam en est sortit!

Echange de paroles entre l’imam sadjad et ibn ziyad

Comme nous l’avons dit dans les pages précédentes, l’appareil du régime omeyade exploitait l’idéologie du déterminisme et renvoyait leurs crimes en disant que c’était la volonté de Dieu. Ainsi, il pouvait droguer l’opinion publique. Et comme l’imam Sadjad (as) connaissait bien cette tactique propagandiste de l’ennemi, il s’était employé à la combattre. L’un des exemples palpables de ce combat est cet échange de parole entre l’imam Sadjad (as) et ibn Ziyad à Koufa/ après que les captifs des Ahl-ul-bayt (as) furent entrainés dans la cérémonie publique organisé dans le palais d’ibn Ziyad, après les propos virulents entre Zeynab koubra et ibn Ziyad, ce dernier (ib Ziyad) se tourna vers Ali ibn Hossein (as) et dit:

- Qui c’est?

Certains personnes présentent répondirent:

C’est Ali ibn Hossein (as).

Mais Dieu n’a pas tué Ali ibn Hossein (as)?

L’imam Sadjad (as) répondit:

J’avais un frère qui s’appelait Ali ibn Hossein et les gens l’ont tué.

- Non Dieu l’a tué

- Dieu récupère les âmes au moment de la mort et il prend les âmes qui ne sont pas mortes pendant qu’elles dorment.[60]

- Avec quel courage oses-tu me donner ce genre de réponse? Amenez-le et coupez la tête!

C’est à ce moment que Zeynab la gardienne de l’imamat intervint et dit: «Ô ibn Ziyad tu n’as laissé aucun homme vivant si tu tiens à tuer celui-ci, il d’abord commencer par moi!»

L’imam Sadjad (as) Ali ibn Hossein intervint et dit: «Tante, restez calme afin que je parle avec lui, puis il se tourna vers ibn Ziyad et dit: «ibn Ziyad tu essaye de me faire peur avec la mort? Tu ne sais pas que être tué pour nous est devenu quelque chose de et mourir martyr pour nous est un honneur?![61]


Le discours de l’imam Sadjad dans Sham

Comme cela a été évoqué avant, le voyage des survivants de la caravane de l’imam Hossein (as) en Syrie a joué un rôle fondamental dans la transmission du message de la révolution d’Hossein (as) et la mise à nue de la nature obscure du gouvernement de Yazid. Ils ont accompli le Djihad sacré même étant dans le costume de prisonnier. La même chose que l’imam Hossein (as) a fait dans le costume du sang et du martyre. La captivité des gens dans Sham leur a donné une bonne occasion d’informer la population de Syrie embobinés dans une propagande de plus quarante de règne de 40 de Mouawiya. Ils ont informé les hommes embourbés dans une propagande de 40 ans de règne de Mouawiya par rapport à l’islam authentique et la famille du prophète (ç). Ainsi, les survivants et suiveurs d’Hossein (as) exploitaient toutes les occasions qui se présentaient de l’imam Sadjad (as) prononcé lors de l’arrêt qu’ils ont marqué un de ces jours à Sham a joué entre autres un rôle déterminant dans et à présenté comme un pervers aussi bien aux yeux des particuliers qu’aux yeux du public.

Le défunt Allamah Majelisi citant l’auteur de«Manaquib» et autres écris: «on rapporte qu’un jour Yazid avait ordonné qu’on dresse une chaire afin qu’on orateur s’y tienne pour faire une allocution blâmant l’imam Hossein (as) ainsi que l’imam Ali (as)». L’orateur monta sur le podium, après avoir adressé les louanges à Dieu, il balança beaucoup de propos pleins de blâmes à Ali ibn Abi Talib (as) et Hossein ibn Ali (as) ensuite se lança dans une sorte d’apologie et d’éloge de Mouawiya et Yazid. Il a parlé d’en en bien. Ali ibn Hossein (as) lui lança ses cris ainsi: «ô malheur à toi orateur! En cherchant la satisfaction de la créature, tu t’achète la colère du créateur. Arrangeant ainsi ta place en enfer»

Ensuite il dit: «Yazid! Me permettez-vous de monter sur ce bois pour évoquer ce que Dieu agrée et ce qui engendrera des récompensesà ceux qui sont présent? Yazid ne donna pas l’autorisation. Les gens dirent: «Amir! Permettez-lui de monter sur le podium, peut être entendront nous de lui quelque chose (afin que nous entendons ce qu’il veut dire)

Yazid répondit: «s’il monte sur ce podium, il ne descendra pas sans avoir dénigré la famille d’Abou Soufiyane»

Quelqu’un dit: «ô Amir! Qui est celui-ci (ce jeune captif) et que peut-il dire?»

Yazid répondit: «il fait partie de la famille dont le savoir est mélangé avec le lait et leur sang depuis l’enfance.»

Tellement les gens insistèrent qu’à la fin Yazid finit par donner son accord. Alors, l’imam Sadjad monta sur le podium et commença son discours en adressant les louanges au seigneur. Ensuite, il tint une allocution qui fit pleurer et secouer les gens.

Il dit: «ô gens! Dieu nous (la famille du prophète (ç)) a donné six faveurs et également sept mérites, il nous a fait prévaloir sur les autres:

«Voici nos six faveurs que nous accordé: «la science, l’endurance, la tolérance, la générosité, l’éloquence, le courage et l’amour pour nous dans les cœurs des croyants.

Et voici nos sept mérites sont les suivants: «le messager élu d’Allah est des nôtres. Le très véridique (Ali ibn Abi Talib (as) est des nôtres) Ja’far le planeur est des nôtres, le lion de Dieu et le lion de son messager (Hamza Sayyedou Shouhada) est des nôtres. Les deux jeunes de cette communauté –Hasan (as) et Hossein (as – sont des nôtres – Zahra Batoul (ou Mahdi (as)) est des nôtres»[62]

O peuple celui qui me connait! Et si quelqu’un ne me connait pas, je me présente à lui. Je suis le fils de la Mecque et de Mina, je suis le fils de Zam-Zam et de Safaa, je suis le fils du grand monsieur qui a soulevé «la pierre noire dans un morceau d’étoffe[63], je suis le fils de la meilleure des personnes qui enfila l’Hiram et accomplit le Tawaf et le Saï, je suis le fils du meilleur des hommes, je suis le fils de celui qui a fait l’ascension depuis la mosquée sacré jusqu’à la mosquée Aksar, je suis le fils de celui qui lors du voyage dans le ciel atteint le niveau de Sadratoul Mountaha, je suis le fils de celui qui dans le voyage spirituel a évolué si bien qu’il était si proche de la vérité que le trône de s’est étiré vers le «Kaab Foussine Hawhadnaa» (il n’y avait plus qu’une intervalle de deux tires ou quelque chose de moins entre lui et le seigneur) je suis le fils de celui qui accompli la prière avec les anges du ciel, je suis le fils de celui à qui Dieu exalté soit t-il a donné la révélation, je suis le fils de Mohammad Moustapha (ç), je suis le fils d’Ali Mortadha, je suis le fils de celui qui a tellement combattu les idolâtres jusqu’à ce qu’ils ont finit par affirmer: «point de divinité à part Allah» je suis le fils de celui qui combattait devant le prophète avec deux épée et deux sagaies[64]

Il a émigré deux fois[65] Il a donné l’allégeance au prophète (ç) deux fois, il a courageusement combattu à Badr et à Hounein, il n’a jamais fait preuve de mécréance vis-à-vis ne serait ce qu’un instant. Je suis le fils du plus pieux des croyants, le testamentaire du prophète (ç), le destructeur des infidèles, le guide des musulmans, la lumière des combattants, le symbole des croyants, l’honneur de ceux qui se lamentent (par rapport à la crainte de Dieu), le plus endurant des patients, le meilleur combattant de la famille de Yassine (l’envoyé de Dieu).

Mon ancêtre est celui qui était soutenu par l’ange Gabriel, assisté par l’ange Mickaël et lui-même était le protecteur et le protecteur de la dignité des musulmans. il a combattu les Marikines, les Nakisines, et les Kassitines. Il a également combattu les ennemis jurés de Dieu. C’est moi le fils du meilleur homme de Qorayshqui soutenu le prophète (ç) avant tout le monde et qui a devancé tous les musulmans. il est l’adversaire des insubordonnés, le destructeur des idolâtres, le tire de Dieu pour détruire les hypocrites, la langue sage des adorateurs, celui qui aide la religion de Dieu, le commandant de Dieu, le jardin de la sagesse divine et le dépôt de sa science…

C’est moi le fils de Fatima Zahra (as), c’est moi le fils de la maitresse des femmes…». Dans la présentation de soi en fait la présentation de l’arbre généalogique de la prophétie et du message, tellement l’imam a émis des discours que les voix de pleures finirent par retentir dans la foule.

Craignant qu’une insurrection ne s'éclate soudainement, Yazid ordonna au muezzin de faire l’appel à la prière. Ce dernier (muezzin) se leva et commença à faire l’Adhan sous la forme suivante: «Allahou Akbar, Allahou Akbar

L’imam dit: «oui en effet, rien d’autre n’est plus grand que Dieu» et lorsque le muezzin dit:»je témoigne qu’il n’y a point de divinité à part Allah», l’imam répondit «évidemment, mes cheveux, ma peau, ms oreilles, mon sang témoignent de l’unicité de Dieu. Dès que le muezzin dit: «je témoigne que Mohammad est le messager de Dieu» c’est alors à ce moment que l’imam depuis le haut du podium se tourna vers Yazid et dit: «Yazid! Mohammad est t-il mon grand père ou ton grand-père? Si tu dis qu’il est ton grand père, tu aurais menti et dissimulé la vérité et si tu dis qu’il est mon grand père, pourquoi est ce que tu as tué ses enfants?[66]

Emadoudine Tabari un des savants du 7ème siècle hégire écrit ceci dans son livre «Kamal Baha’i» à la fin du discours de l’imam Sadjad: «…l’imam Sadjad dit: «ô Yazid ce noble était honorable prophète est mon grand père ou ton grand père? Si tu dis que c’était ton grand père, alors les gens du monde sauront que tu as menti et dit que c’était mon grand père, pourquoi est ce que tu as assassiné mon père qui était innocent? Pourquoi est ce tu t’es accaparé de ses biens et prit comme captifs les gens de sa maison?

Alors il dit en claquant la main, déchirant son manteau et se mit à pleurer: «je jure par Dieu que si dans le monde il n’y a personne qui puisse que le messager est son grand père en dehors de moi, pourquoi alors cet homme a tué injustement mon père et trainé ici tel les prisonniers de Rome? Ensuite il dit; ô Yazid tu as fais cela et tu affirme que Mohammad est le messager de Dieu, tu te tourne vers la Qibla? Malheur à toi le jour du jugement et, mon grand père seront face à toi.

Yazid le maudit à ce moment. Puis ordonna au muezzin de prononcer l’Ikamat, des murmures il y eut et des grands chuchotements dans la foule. Certains prièrent et d’autres n’assistèrent pas à la prière et se dispersèrent»[67]

Résultat et effet du soulèvement de l’Achoura

Le soulèvement de l’imam Hossein (as) a laissé des traces et de grands résultats dans la communauté islamique et nous analysons quelques uns en uns en guise d’exemple:

1 – Démasquer le régime en place

Le soulèvement et l’assassinat de l’imam Hossein (as) s’avèrent comme le plus grand coup porté à l’appareil gouvernemental de l’époque détenu par les Omeyades qui dirigeaient la communauté islamique en essayant de donner à leur politique une couleur religieuse et en faisant croire aux gens qu’ils régnaient au nom de l’islam et entend que les successeurs du prophète (ç). Pour ce fait, ils employaient différentes méthodes (fabrication des hadiths, attirer les poètes etles compilateurs de hadiths, soutenir les sectes fatalistes…) en vue de renforcer leur position religieuse dans la société. Surtout que l’armée de Yazid lors de la tragédie de l’Achoura avait adopté des comportements inhumains du genre bloquer le passage qui mène à l’eau aux compagnons de l’imam Hossein (as), tuer les enfants,capturer les femmes et les enfants de la famille du prophète (ç) telle est la manière qu’ils ont employé.

Tous ces gestes ont contribué à les discréditer et faire en sorte que Yazid soit tellement haït par les gens si bien que Moujahid l’une des grandes personnalités de cette époque dit:

«Je jure par Dieu! Les gens proféraient des malédictions sur Yazid et parlaient mal de lui, il lui faisait des reproches et lui tournaient le dos».[68]

Bien qu’il était particulièrement joyeux et orgueilleux au début de sa victoire, à cause des pressions de la société, il perdit la face et cherchait alors à rejeter la responsabilité de l’assassinat de l’imam Hossein (as) sur le dos d’Oubeidoullah ibn Zyad (gouverneur de Koufa)!

Les historiens déclarent:

«Après la tragédie de l’Achoura, Yazid convoqua Oubeidoullah ibn Zyad à Damashq (Damas) pour lui faire ses remerciements par rapport à ce service qu’il lui avait rendu. Ainsi, il l’arrosa de beaucoup de biens et de beaucoup de richesses. Il le fit asseoir près de lui et élevé son poste (augmentation de grade et de niveau). Il l’amena dans son Harem auprès de ses femmes pour qu’il coule du bon temps entre les femelles…[69]

Mais comme la pression de l’opinion publique ne faisait monter, Yazid réalisa un retournement de veste rapide, désavoua tout et jeta la responsabilité sur le dos d’Oubeidoullah ibn Zyad.

Ibn Athir écris:

«Lorsqu’on amena la tête de l’imam Hossein (as) auprès de Yazid, ibn Zyad a été élevé à une poste plus grands et il était fier de l’action qu’il avait mené. Il lui avait donné des récompenses, mais il n’a pas fallu beaucoup de temps pour qu’on lui apporte des nouvelles selon lesquelles le peuple était en colère contre lui et proférait des malédictions sur lui. Ainsi, il regretta d’avoir tué l’imam Hossein (as) en ces termes: «hélas! je supporte les ennuis, et je ramène Hossein chez lui, au nom du messager de l’islam et du respect de la dignité du rapprochement de Hossein (as) par rapport à lui, je lui accorde le pouvoir même si cela se soldera par l’affaiblissement de mon gouvernement. Seigneur maudit le fils de Marjana (ibn Zyad!) il a contraint Hossein (as) à faire ceci or Hossein avait voulu qu’il lui permette de poser sa main dans la mienne ou alors de l’envoyé vers l’une des régions frontalières»[70] mais le fils d’ibn Marjana n’a pas accepté se proposition. Il l’a assassiné et avec ces gestes, je suis l’objet de la colère et du dégoût des musulmans. Il a jeté dans leur cœur les graines de la haine vis-à-vis de moi. Maintenant, les gens y compris qui ne sont rien du tout me détestent à cause l’assassinat de Hossein (as). Qu’est ce que le fils de Marjana m’a fait ainsi? Que Dieu le maudisse et la place dans le collimateur de sa colère.[71] Après la tragédie de Karbala, ibn Zyad était inquiet rapport aux retombés du crime qu’il avait commis. Nous en voulons pour preuve la discussion qu’il a eut avec Oumar ibn Sa’ad. Tabari et Abi Mouhanif ou Mounif rapporte cela sous la forme suivante: «Après l’assassinat d’Hossein Ibn Ali, Oubeidoullah ibn Zyad dit à Oumar ibn Sa’ad: «où sont l’écris que je t’avais donné au sujet de l’assassinat d’Hossein (as)? Oumar répondit: «Et je suis allé exécuter tes ordres et j’ai perdu cette lettre. Tu dois absolument l’apporter? Oumar ibn Saad répondit: «c’est perdu»

- Oubeidoullah: «je jure par Dieu qu’il faut que tu me le ramène-

- Je l’ai gardé pour le montrer aux vieilles femmes Qorayshà Médine pour utiliser cela comme instrument. Je t’ai rendu un service et je t’ai fais du bien que si j’avais fais à mon père Sa’ad Waqas, j’avais accompli que le fils doit faire à son père.

A ce moment, Ousmane le frère d’ibn Zyad dit: «Oumar ibn Sa’ad dit la vérité, je jure par Dieu que j’aurai aimé que la descendance de Zyad soit humiliée jusqu’au jour du jugement. Mais Hossein (as) ibn Ali (as) n’aurait pad û être tué.

Le rapporteur du récit qui était témoin ajoute: «je jure par Dieu qu’ibn Zyad n’a pas réagit contre les propos de son frère»[72],

D’autre part, bien que Yazid au départ s’était comporté avec violence et orgueil vis-à-vis des enfants, des femmes et des rescapés de la famille de l’imam Hossein (as) et ordonné de les garder dans une ruine, la pression populaire l’a poussé à se montrer plus souple un peu plus bienveillant et il changea leur lieu de séjour en disant:«si vous voulez, je vous envoie à Médine»

Emadoudine Tabari écris ceci à ce propos: «Zeynab envoya quelqu’un auprès de Yazid afin de prendre l’autorisation de faire le deuil de l’imam Hossein (as). Yazid accordé cela et dit: «il faut les amener à Darul Heijar afin qu’ils pleurent. Ils ont commémoré le deuil à cet endroit pendant deux jours et chaque jour, tellement les femmes s’ajoutaient à elle que l’intérieur et les alentours étaient pleins. Les gens eurent l’idée de se déverser sur la maison de Yazid et de le tuer.

Face à cette situation, Marwan[73] était venu auprès de Yazid et lui dit: «ce n’est pas convenable que les Ahl-ul-bayt (as) et les parents d’Hossein (as) soient là-bas. Ce qui est mieux est qu’il faut les traiter autrement et les envoyer à Médine. Allah sache que ton gouvernement est voué à la ruine à cause de cette exposition. Ainsi, Yazid convoqua l’imam Zeynoul Abidine l’installa près de lui et le consola beaucoup en disant: «que Dieu maudisse le fils de Marjana! Si j’étais la partie d’en face de ton père, je n’aurais pas laissé les choses prendre cette tournure. Je lui aurais donné ce qu’il voulait et exaucé ses vœux sont passés donc lorsque tu arriveras à Médine, si tu as quelque chose ou une exigence, il faut écrire. Il demanda à l’imam d’envoyer les femmes à Médine, mais l’imam n’accepta pas. On dirait que les Ahl-ul-bayt (as) n’avaient pas accepté cela»[74]. Yazid n’a pas vécu 4 ans après la tragédie de Karbala. Il a laissé à jamais gravé ce déshonneur en héritage sur Bani Omeya si bien que tout calife Omeyade qui venait auprès et qui avait un peu de raisonnement et de sagesse évitait de répéter ce genre d’erreur. Yakoubi, un illustre historien musulman écrit:

«Abdel Malik ibn Marwan (lors de son règne) avait particulièrement mis «Hajjaj» sous gouverneur Au Hijaz en garde en ces termes: «ne salis pas mon nom avec le sang des enfants d’Abou Talib car j’ai constaté que la famille de Harb (Abou Soufiyane) s’est comporté avec eux et je me réserve de faire la même chose»[75] (dans les évènements du gouvernement ibn Abdel Aziz, nous avons rapporté cette lettre dans les pages précédentes sur les évènements de l’époque du gouvernement d’Oumar ibn Abdel Aziz.

2 – La revalorisation de la culture du martyre

En amenant une nouvelle religion fondée sur la foi et la loyauté, le prophète (ç) également instauré la culture du martyre et selon ce qui ressort des faits historiques, cette culture a contribué à beaucoup de victoire remporté par les musulmans. C’est par ce qu’il suivait la vérité qu’ils acceptaient de mourir martyrs pour la cause de Dieu. Mais après la mort du prophète (ç), et la déviation du gouvernement islamique par rapport à sa vraie trajectoire, la multiplication des conquêtes et des butins vers le centre du califat et bien d’autres facteurs ont progressivement contribuéà faire perdre l’esprit de bravoure aux musulmans qui pensaient beaucoup plus au confort et au prestige. Si bien que dès que quelqu’un disposait d’un peu de pouvoir, il contraignait les gens à lui obéir en leur menaçant qu’ils perdront la tranquillité et qu’ils seront embourbés dans un tourbillon de conflits. Alors, les pervers qui au nom de l’islam commandaient les gens exploitaient cette esprit qu’ils avaient et plus le temps passait avec gouvernement des Omeyades, plus cette situation s’empirait si bien que cela atteint un niveau incroyable à la fin de la vie de Mouawiya et le début d’Oukoumat de Yazid.

Les chefs de tribus et les hommes religieux généralement suivaient la richesse et le pouvoir. Et ils avaient vendu leur conscience et leur personnalité contre ces biens et ces richesses insignifiantes d’ici bas. Bien que les leaders religieux et politiques de l’époque connaissaient bien la débauche de la famille d’Oubeidoullah ibn Zyad, ils se soumettaient et obéissaient totalement à celui-ci. Non seulement ils se rabaissaient devant Yazid et ibn Zyad, ils le faisaient également pour les valets de ces deux personnes. Tout simplement parce qu’ils avaient le pouvoir et de l’argent à leur disposition, et se rapprochant d’eux, ils pouvaient s’attirer leur grâce et profiter ainsi pour recevoir d’eux les miettes.

Un autre groupe qui était encore plus pervers que le premier se comportait comme des pieux et trompaient les gens. Ils faisaient semblant d’être voués à la dévotion de Dieu pour tromper la vigilance des gens et parvenir à avoir des morceaux de viande. Mais dès qu’avec cette apparence religieuse ils attiraient l’attention des tyrans et des injustes, ceux-ci les classaient parmi leurs proches et de là, ils coulaient la bonne vie.

Les gens de cette époque connaissaient ce genre de personne et tellement ils étaient l’otage du mauvais comportement de ce petit groupe de personnes que les actes étaient presque naturels et ordinaires pour eux, ce qu’ils ne rencontraient aucune protestation ni critique de la part du peuple.

La vie de l’homme ordinaire de cette époque était le fait semblait poursuivre un seul but à savoir comment garantir les besoins personnels. Chacun agissait pour le compte de sa propre vie et fournissait des efforts pour atteindre les buts personnels. Donc tout le monde ne pensait qu’à réaliser ses ambitions personnelles. La société et ses problèmes ne faisaient aucunement l’objet d’attention d’un individu ordinaire.

Par la crainte de voir leur salaire suspendu ils exécutaient à la lettre l’ordre de leurs chefs et de leurs leaders de peur que cela survienne. Et ils ne levaient jamais le petit doigt face à n’importe quel genre de scène d’injustice ou de corruption qu’ils constataient.

Le soulèvement de l’imam Hossein avait changé cette situation et restauré la culture du martyre dans la communauté islamique. Avec son soulèvement, l’imam Hossein (as) levé le voile sur la vie souillée et dégradée des musulmans et leur avait montré une nouvelle voie honorable. Une voie avec des difficultés, des peines mais dépourvue d’humiliation. Pour mieux saisir l’effet du soulèvement de l’imam Hossein (as) dans l’éveil de l’esprit du martyre dans la société islamique de cette époque, il faut savoir que avant la tragédie de l’Achoura, (mis à part les protestation partisanes ou temporaires à l’exemple du mouvement de Hajjar), la société islamique avait vécu 20 ans de silence et de soumission et en dépit du fait durant cette période relativement longue beaucoup d’opportunité de soulèvement social s’était présenté, on n’a pas observé le moindre mouvement social.

Au sujet du mouvement de la population de Koufa qui s’est réalisée avec l’arrivée de Mouslim (Ibn Akil) nous avons vu qu’avec une simple rumeur de menace de l’arrivée de l’armée de Sham avait suffit pour éparpiller autour de Mouslim, le courageux émissaire de l’imam Hossein (as) tous les gens!

La tragédie de Karbala avait réveillé la conscience religieuse de la communauté et opéré une vraie métamorphose psychologique dont les répercussions avaient ouvert toute la communauté islamique et cela était suffisant pour motiver les gens afin qu’ils se lèvent et défendent leur dignité personnelle, l’honneur et la religion. L’esprit combattif qui s’était éteint dans la société avait reçu une nouvelle flamme et donné une nouvelle vie aux âmes mortes et aux corps dégradé.

Les premières manifestations de ce changement s’observent à travers le soulèvement et l’opposition d’Abdellah ibn Afif Azdi dans Koufa. Lorsque le fils de Zyad avait fait une première déclaration après la guerre pour annoncer sa victoire avec les insultes et l’outrage à l’imam Hossein (as), Abdellah ibn Afif qui était un aveugle[76] se leva avec ferveur et lança un cri de protestation directe à Oubeidoullah. Ce dernier (Oubeidoullah ibn Zyad) donna l’ordre de l’arrêter. Les gens de la tribu d’Abdellah le conduisirent chez lui. Le fils de Zyad dépêcha un groupe de ses éléments dans le but de le mettre aux arrêts. Abdellah avait un courage résista farouchement face à leur envahissement mais finalement, il fut capturé et assassiné.[77]

3 – Soulèvement et insurrection dans le monde islamique

Le grand soulèvement de l’imam Hossein (as) fut le point de départ de bien d’autres révolutions dans la société islamique. en guise d’exemple, nous allons évoquer ici quelques cas:

a- Le Kiyam des repentis (Tawwabine)

La première réaction directe après l’assassinat de l’imam Hossein est (le mouvement des repentis) dans la cité de Koufa.

Dès que l’imam Hossein (as) fut assassiné et qu’ibn Zyad quitta son camp installa à Nakhliyah pour revenir en ville, les chiites qui avaient laissé passé l’occasion en or d’assister l’imam Hossein (as) dans la scène de l’Achoura s’étaient sérieusement mis à regretter et à se faire des reproches. Or il venait à Koufa sous leur invitation et voilà qu’il se fait tuer près de ville qu’ils (les chiites) n’ont pas bougé! Ce groupe a eu l’impression que la rendisse de péché ne les quittera que s’ils prenaient le revanche du sang de l’imam sur ses assassins ou alors qu’ils se fassent tuer dans cette voie.

C’est avec cet esprit que les chiites se réunirent autour de cinq personnalités parmi leur dignitaire à savoir Souleymane ibn Sourate Khazai, Mousayib ibn Najbah Fazari, Abdellah ibn Sa’ad ibn Noufeil Azdi, Abdellah ibn Waal Tammimi et Refa’a Shaddad Bajali. Ils regroupèrent dans la maison de Souleymane et Moussabib ibn Najbah fut la première personne à prendre la parole. Et après une brève introduction, il dit: «nous avons toujours été l’otage de nos biens illusoires. Nous apprécions nos suiveurs et ceux qui nous assistent. Mais dans cette épreuve que Dieu nous a apporté par rapport au fils du prophète (ç), notre mensonge s’est dévoilé et nous sommes sortis perdant et honteux de cette épreuve. Nous avons manqué dans tous les sens notre engagement vis-à-vis du fils du prophète (ç):

«Hossein (as) le fils du prophète (ç) nous a écris et il nous envoyé des émissaires. Et il a voulu aussi en cachette que solennellement notre assistance fermant ainsi à nous toute porte d’excuse et de prétexte. Mais nous avons refusé de répondre à son appel et nous l’avons entendu si près comment on l’a assassiné de la plus atroce des manières. Nous avons fait de preuve d’indifférence par le fait de ne pas su l’assister ni avec le geste encore moins avec la parole ou les biens. Nous n’avons même pas invité les gens de nos tribus afin d’aller l’assister. Quelle excuse auront-nous devant Dieu et le prophète (ç). Je jure que nous n’avons aucune excuse en dehors de faire en sorte que les assassins de l’imam Hossein (as) payent par rapport à ce qu’ils ont fait ou encore que nous mourront dans cette voie. C’est l’unique moyen qui pourra faire en sorte que soit d’accord avec nous…» Et après bien d’autres allocutions pleines d’énergie, Souleymane ibn Sourate Khazai qui avait été désigné comme le chef du rassemblement fit un discours dont le contenu apparait ainsi:

«Nous attendions l’arrivée de la famille du prophète (ç) et leur avions promis l’assistance en leur disant encourageant à venir en Irak. Mais lorsque notre demande devint pratique et que le fils du prophète (ç) vienne dans notre territoire, nous nous sommes montrés indifférents et impuissants en renvoyant ce qu’il fallait faire maintenant à demain. Nous nous sommes tus et attendus que les évènements se produisent jusqu’à ce que le fils du prophète (ç) sot tué…

Donc levez vous prenez vos épées car vous avez suscité la colère de Dieu et aussi longtemps qu’on n’aura pas obtenu sa satisfaction, vous ne devrez pas rentrer parmi vos femmes et vos enfants. Dieu ne sera jamais satisfait de vous que si vous vengez le sang du fils du prophète (ç).

Ne craignez pas la mort. Je jure par Dieu, quiconque craint la mort est voué à la perte et l’humiliation. Soyez comme les enfants d’Israël à qui Moussa (as) avait dit: «vous avez commis l’injustice sur vous-même à travers l’adoration du veau. Donc vous devez vous repentir auprès de votre seigneur et vous tuer…»[78]

A la suite de ce rassemblement, Souleymane ibn Sourate Avait écrit à Sa’ad ibn Ouzeifa ibn Yaman et aux autres chiites de Mada’ine afin qu’ils viennent les assister. Ils acceptèrent l’appel de Souleymane. Qui fit la même la chose en écriant à Moussana ibn Mahrama Abdi et aux autres chiites de Basra et eux aussi répondirent favorablement à son appel.

Motivation des repentis

Les repentis pensaient que les responsables de l’assassinat de l’imam Hossein au premier niveau est le gouvernement Omeyade et non des individus. Raison pour laquelle pour venger le sang de l’imam Hossein, ils se mirent en route pour Sham en disant après avoir pris la revanche sur les Omeyades, ils reviendront sur les criminels de Koufa. Comme nous le constatons, ce mouvement était motivé par un sentiment de regret par rapport au péché surtout le désir de combler leur erreur. A travers les lettres, les propos et le discours des repentis on note le sentiment profond de regret, de colère, d’amertume et de désir de se purifier d’un péché assez lourd. Et quiconque passe en revue ces lettres ressentira bien cette situation. C’est cette motivation qui a donné au soulèvement des repentis une nature de libération sous frome dune révolution. Les Tawwabine ou les repentis cherchaient seulement à se venger et à rectifier leur erreur et leur péché. Ils n’avaient aucune autre ambition à l’esprit. Ce groupe n’était ni à la quête de conquête de victoire encore moins à la chasse du pouvoir et des richesses. Leur unique but était la vengeance. Ils disaient en quittant leurs maisons qu’ils ne sont pas sûrs de revenir à domicile. Ils étaient assoiffés de mourir dans la voie de leur but si bien que l’ennemi leur avait donné la garanti de protection qu’ils avaient refusé car ils voyaient cela comme un piège pour faire échouer leur révolution.

Les forces des Tawwabine (les repentis)

Ce ne sont pas uniquement les chiites qui avaient rejoint la révolution de Tawwabine. Tous ceux qui aspiraient à une amélioration des choses et à la destruction du barrage de l’injustice du gouvernement Omeyade à travers un mouvement sanguinaire avaient rejoins les Tawwabine.

Plusieurs personnes avaient refusé de se joindre à eux dans ce sens que leur mouvement était essentiellement motivé par la vengeance, le martyre et on y voyait aucun autre but en dehors de l’esprit de revanche et de sacrifice. Quinze milles personnes s’étaient inscrites dans le registre de Souleymane ibn Sourate et parmi eux, juste 5000 personnes étaient présents.[79]

Or l’armée de Syrie comportait trente milles hommes. Certes la cause de ce sujet est claire car seuls les gens de haut niveau, les gens qui sont particulièrement motivés par le sacrifice dans la voie de leurs convictions religieuses sont prêts à prendre des initiatives dans lesquelles ils peuvent mourir. Et il certain que ce genre de personnes sont toujours minoritaire.

Les actions des Tawwabine

Le mouvement des Tawwabine a commencé en l’an 61 de l’hégire. Depuis cette date, ils étaient en train de se préparer pour la guerre et appelaient clandestinement les gens à venger le sang de l’imam Hossein (a). Les gens aussi du côté des chiites que des non chiites rejoignirent leur mouvement par groupes. Au moment où Les Tawwabine étaient occupé à préparer leur soulèvement Yazid quitta ce monde. Après la mort de Yazid, ces derniers (les Tawwabine) envoyèrent quelques personnes afin d’inviter les gens à collaborer avec eux. C’est alors ici qu’ils avaient mis la pression et la clandestinité de côté et s’étaient à penser à réunir publiquement les armes de guerre.

Jusqu’à ce que la nuit de vendredi 5ème jour de Rabiou Sani de l’an 65, la première flamme du soulèvement fut allumée: «cette nuit, les Tawwabine prirent le route de la terre pure de l’imam Hossein (as) et une fois arrivé à la tombe de l’imam, ils lancèrent le cri qui leur firent sortir tous de leur état et ces propos avaient suscité de pleurs ainsi:«nous n’avons pas assisté le fils du prophète, pardonne nos péchés passés et accepte notre repenti. Adresse ta miséricorde sur la mémoire de Hossein et de ceux qui l’ont vraiment assisté et celle des martyrs qui sont morts avec lui. Nous allons nous sacrifier car nous sommes dans les croyances que l’imam Hossein défendait ce pour quoi il est mort. Seigneur si tu ne pardonne pas nos péchés, nous serons voués à la perte et au malheur…»

Après la fin de cette scène particulièrement émouvante et touchante, ils quittèrent la tombe des martyrs et se mirent le chemin pour Sham. Ils rencontrèrent l’armée de Sham dans un territoire nommé «Heinoul Warda» une armée sous le commandement d’Oubeidoullah ibn Zyad. Après trois de combat sévères, ils subirent l’échec et les leaders de la révolution en dehors de Refa’a furent assassinés et ceux avaient survécu étaient revenus à Koufa sous le commandement de Refa’a. Ils avaient alors rejoint les partisans de Moktar qui étaient actifs à Koufa.[80]

Le soulèvement des Tawwabine bien qu’il n’avait pas un objectif social et qu’il avait subit l’échec, avait de toutes les façons eu un grand effet sur l’esprit des gens à Koufa et cela avait encore bien les hommes à combattre le régime Omeyade.

b – Le soulèvement de Moktar Thaqafi

En l’an 66 de l’hégire, Moktar ibn Abi Oubeid Thaqafi se souleva en Irak afin de prendre la revanche du sang de l’imam Hossein (as) sur les assassins de ce grand homme.

Après l’entrée de Mouslim Ibn Akil à Koufa, Moktar collaborait avec. Cependant au même moment où Mouslim était dans les difficultés et avait par être assassiné Moktar fut arrêté par Oubeidoullah ibn Zyad, et jeté en prison. Il fut libéré après l’évènement de l’Achoura et après l’intervention d’Abdellah ibn Oumar (le mari de sa sœur) auprès de Yazid. Et étant donné qu’en même temps durant ce jour Abdellah ibn Zoubeyr s’était soulevé à la Mecque et s’était autoproclamé calife des musulmans. Moktar se rendit à la Mecque et se mit à collaborer avec ce dernier (Abdellah ibn Zoubeyr).

Et en l’an 64 de l’hégire, cinq mois après la mort de Yazid, comme Moktar avait réalisé que la population de l’Irak était prête à se soulever contre les Omeyades et désapprouver le gouvernement ibn Zoubeyr, il revint et commença ses activités.[81]

Les secrets du manque du succès d’Abdellah ibn Zoubeyr en Irak

Pour mieux cerner la raison pourquoi les gens de l’Irak ont rejoint le mouvement d’ibn Zoubeyr au départ et ensuite ont accepté l’appel de Moktar et se soulevé contre lui, nous devons remarquer que la société de l’Irak à cette époque était à la quête de deux choses:

1 – Les reformes sociales et le soutien aux musulmans non arabe qui étaient l’objet d’injustice dans le gouvernement de Bani Omeya.

2 – Prendre des Omeyades la revanche du sang de Bani Hachim

C’est pour réaliser ces deux objectifs que les gens de l’Irak avaient donné l’allégeance à Ibn Zoubeyr. Car il était l’ennemi des Omeyades car en apparence il donnait l’air de quelqu’un qui voulait apporter des reformes et qui n’avait aucun intérêt en ce qui concerne les choses du bas monde. Mais, o a réalisé un peu plus tard que le régime d’ibn Zoubeyr ne présentait vraiment pas de différence avec celui des Omeyades. Il est vrai qu’ibn Zoubeyr a sauvé l’Irak de l’influence et de la domination des Omeyades. Mais, les assassins de l’imam Hossein (as) et les autres éléments dangereux de ce crime tels que Shemr ibn Zeyd Al Joushane, Shabas ibn Ribhi, Amr ibn Hajjaj, qui ont des joué des rôles importante dans la tragédie de Karbala non seulement vivaient encore dans Koufa, ils étaient même les proches collaborateurs du gouvernement!

En ce qui concerne l’application de la justice, ibn Zoubeyr n’avait satisfait l’attente des Irakiens. En effet, les musulmans non arabes vivaient toujours sous la privation comme à l’époque de Bani Omeya. Le pouvoir et tous les moyens étaient entre les mains des chefs de tribus. Le fait de n’avoir pas réalisé l’attente des Irakiens à poussé les gens à s’écarter d’ibn Zoubeyr et rejoindre le soulèvement de Moktar.

Moktar présenta son appel comme relié au soutien de Mohammad ibn Hanafiya le fils de l’imam Ali (as) ce qui captiva encore la confiance des gens par rapport à son mouvement.Il avait trouvé le slogan suivant à son mouvement: «Yal Otharathoul Hossein» (en avant vers la vengeance u sang de l’imam Hossein (as) ce qui donna de l’espoir aux irakiens pour réaliser leur attente. Après avoir pris le pouvoir, Moktar soutint les non musulmans et réalisa des pas dans l’instauration des droits sociaux. Ces initiatives de Moktar suscitèrent la colère des grands dignitaires des tribus arabes contre lui. Ils regroupèrent alors les gens dans ce sens et fomentèrent des coups contre Moktar et avec l’aide des forces d’Abdellah ibn Zoubeyr, ils se sont préparés à livrer la guerre à Moktar. A la tête de ce mouvement, on note la présence des assassins de l’imam Hossein (as). Ce qui était assez suffisant pour pousser les révolutionnaires à résister et à rester ferme pour parvenir à la victoire.

Moktar se mit sérieusement à pister les assassins de l’imam Hossein (as) et les détruisaient les uns après les autres si bien qu’en jour, il a tué deux cent quatre vingt personnes d’entre eux et détruit les maisons de quelques chefs de ces bandits qui étaient en cavale. Nous avons entre la maison de Mohammad ibn Ash’as que Moktar a détruit et à ordonné d’utiliser le matériel de cette maison pour reconstruire d’Hajjar ibn Adi le compagnon de l’imam Ali (as) détruite par Zyad ibn Abiya.[82]

4 - La chute de Bani Omeya

La discussion sommaire au sujet du soulèvement des repentis ou Tawwabine et celui de Moktar a été engagée dans ce sens que ce deux soulèvements historiques se sont produits dans un temps particulièrement cours après l’assassinat de l’imam Hossein. Autrement dit, bien d’autres soulèvement et révolutions se sont réalisées au nom de l’imam Hossein (as). En effet, des années après, beaucoup de soulèvement ont vu le jour dont le plus est celui des Abbassides. Qui s’est produit en l’an 132 de l’hégire et couronnée par une victoire. Un soulèvement qui avait totalement balayé les bastions du régime Omeyade. Le facteur le plus important de la victoire des Abbassides était le fait de dévoiler et de relayer les crimes des Omeyades sur les Bani Hachim et les injustices sur cette famille en l’occurrence, l’incitation des gens. Les Abbassides ont utilisé des moyens pour inciter les gens à s’opposer aux Omeyades par rapport à leur injustice vis-à-vis des Hachimites. Ils sont brandi beaucoup plus le slogan de l’assassinat de l’imam Hossein (as) qui a été l’élément le plus efficace dans cette propagande. Les historiens écrivent: «lorsqu’on amena la tête de Marwan le denier calife Omeyade auprès d’Abou Abbas le premier calife Abbassides, celui-ci fit une longue prosternation et après s’être relevé, et s’adressa ainsi à la tête coupée de Marwan:«louange à Dieu qui a pris ma revanche sur toi et sur ta tribu! Louange qui m’a fait triompher sur toi» ensuite il ajouté: «A présent, ce n’est pas important pour moi de savoir quand est ce que je mourrai car j’ai tué deux milles personnes de Bani Omeya pour venger de l’imam Hossein (as)…»[83]

Lorsqu’on avait entassé les cadavres des corps décapitulés des leaders Omeyades devant Abou Abbas, il avait ordonné d’étendre la nappe sur ces corps et de mettre la nourriture dessus. Alors s’assirent sur les corps et se mirent à prendre leur repas. Or les pieds de certaines personnes tuées bougeaient encore. Après avoir fini leur repas, Abou Abbas dit: «de toute ma vie, je n’ai mangé un repas aussi délicieux!

Ensuite il dit: «prenez les corps de ceux-ci et balancez dans les voies de circulations afin que les gens les profèrent des malédictions même après leur mort (de la même qu’ils faisaient lorsqu’ils étaient encore en vie). Il n’a pas fallu longtemps pour que les gens voient les chiens attraper les pieds des cadavres et trainer par terre, des cadavres qui étaient vêtis des habits chers.[84]



[1] Al isâba fi tawyiz sahaba, ibn Hajar Al askalani, 1ère édition Beyrouth, Daroul Ihyâ al tourâs arabi, 1328 hégire lunaire, vol 1, page 333; Tarikh Damashq, Hafiz ibn Asâkir (section reservée au portrait de l'imam Hossein ibn Ali) recherche de Sheikh Mohammad Baqir Mahmoudi, 1ère édition, Beyrouth, institut d'édition et de publication Mahmoudi, 1398 hégire lunaire, page 141.

[2] Ibn Hajar, id, page 333

[3] Hafiz ibn Asakir, id, page 164.

[4] Waqa'a Seffine, Nasir ibn Mazahim, 2ème édition, Qom, Maktabat basirati, pages 114, 249, 530

[5] Id, page 507

[6] Al Kamil fi tarikh ibn Athir, vol 3, page 405

[7] Ibn Hajar, page 333

[8] Lire Arz yobi inkilab Hossein, (Analyse de la révolution de Hossein) de Mahdi Shamsoudine, une traduction persane de Mahdi Pishva'i, 2ème édition, Qom, l'édition Tawhid.

[9] Nous parlerons plus loin des motivations de ces propos de Mounguira

[10] Ikhtiyâr ma'refati rijâl, Mohammad ibn Hassan Tousi, revisé et corrigé par Hassan Moustafavi, Mashad, université de Mashad.

[11] Même livre, ibn Kouteyba Deynouri, vol 1, page 180. Cette lettre est aussi citée dans Behar Ul anouar avec des légères différences au niveau des mots, vol 44, page 212. Ihtijâj Tabrisi (Najaf, matba'at mortadhavviya) vol 2, page 161; Ikhtiyar ma'refati rijâl, revue et corrigé par Hassan Moustafavi, Mashad, université de Mashad 1348, page 48. Nous avons préféré la traduction tirée d'al imam wa siyâssa

[12] Kitab Solein ibn Kays al kofi, Qom, Daroul koutoub al islamiya, page 206

[13] - Sheikh Moufid, le même livre, page 203; Maktal al Hossein, Abou Makhnaf, Louth ibn Yayha ibn Sa’ed Makhnaf Azadi, page, 16, Qom. Le contenu du manuscrit existant du célèbre Maktal d’Abou Makhnaf représentante de la plus ancienne source sur l’évènement de Karbala, on ne peut le comparer à ce que Tabari et les autres citent de lui. Par conséquent il ne jouit pas de la crédibilité requise. Le Sheikh Hajj Hassan Ghafari a réuni l’ensemble des hadiths cité d’Abou Makhnaf par Tabari à ce sujet et l’a fait publier avec une introduction et un exposé sur Louth ibn Yahya accompagné de quelques annotations et explications. Donc chaque fois que nous mentionnons à Maktal. Nous faisons allusion à ce manuscrit.

[14] Al Lahouf fi Katli Taouf, Sayyed ibn Taous, page 15, Maktaba Dawari, Qom.

[15] - Maktal Hossein, Abou Moukhnif, Qom, page 85; Tarikh Oumam wa moulouk, Mohammad ibn Jarih Tabari, vol 6, page 229, Daroul Kamous hadith, Beyrouth, Al Kamil fi Tarikh Azloud dine ibn Athir, vol 4, page 48, Darou Sadrâ, Beyrouth; Les propos de Hossein (as) de Médine à Karbala Ibn Ali, Mohammad Sadiq Najmi, page 148, Daftar Inticharaat jamioul modarrissine, Qom; Ahmed ibn Yayha Belarzi cite une partie de ce discours dans Ansab Ashaf, vol 3, page 171.)

[16] Tabari, id, page 200; Abou Moukhnif, id, page 86, Najmi, id, page 54

[17] - Tou’afoul Oukoul, Hossein ibn Ali Shou’ba, page 245, Daftar inticharaat jamioul Modarissine, Qom, 1363 hégires solaires; Abou Moukhnif, id, page; Tabari, id, page id, page 229, Najmi, id, page 180; ce discours est cité avec une légère modification par ibn Asâkir dans Tarikh Damashq ( recherche de Sheikh Mohammad Baqir Mahmoudi, les éditions Bidar, page 214), Sayyed ibn Taous dans al Lahouf (Qom, Maktaba Davari, page 33) Allamah Mohammad Baqir Majelisi dans Behar ul anouar Téharan, Maktaba islamiyya, 1393 hégires lunaires, vol 44, page 192). Selon ce que cite ibn Asakir et Allamah Majelisi, l’imam aurait prononcé ce discours à Karbala et après avoir affronté l’armée d’Oumar ibn Sa’d. La version que nous avons citée correspond à celle de Hossein ibn Ali ibn.

[18] - Sharh Nahjul Balagha, ibn Abi Hadid, vol 9, page 53, Darul Ihya koutoub arabi, le Caire 1378 hégires lunaires, commentaire du discours 139. Ibn Abdou Barr dans Al isti’yâb fi ma’refati Ashab (Beyrouth, Daroul ihya Tourath Arabi, 1328 hégires lunaires, vol 4, page 87) et Takiyou dine Mokrizi dans Al niza’wa takhâssoum fimâ bein Bani omeya et Bani Hachim (Maktaba Ahrâm, le Caire) rapportent ces propos d’Abou Soufiyane avec cette différence qu’ils déclarent qu’Abou Soufiyane s’adressait à Ousmane.

[19] - Kamous Rijâl, Sheikh Mohammad Taki Toustari, vol 10, page 80, centre d’édition du livre, Téhéran, 1379 hégires lunaires.

[20] - Mourouj zihab, Ali ibn Hossein Mas’oudi, vol 3, page 454, Darul Andalous, Beyrouth.

[21]- Tazkiratoul Khawâs, Sabt ibn Jawzi, page 291, les éditions Maktabatou Heydariya, Najaf, 1383 hégires lunaires.

[22] - Tatima al mountaha, Sheikh Abbas Qoumi, page 44, éditions presse, Téhéran, 133 hégires soalires.

[23] - Une localité à la lisière de Syrie et de l’empire romain dans laquelle sont situées Tartous et Massinah.

[24] - Tarikh Yakoubi, ibn Waddeh vol 4, page 160, traduction persane d’Ibrahim Ayati, 3ème édition, les éditions centre de publication scientifique et culturelle, Téhéran, 1362 hégires solaires, Asnab Ashraf, Ahmad ibn Yayha Belarzi, vol 4, page 3, Maktaba mosanâ; Mo’zamoul bouldane, Yakout Houmawi, page 534, Daroul Ihyâ al Tourath arabi, Beyrouth 1399 hégires lunaires, avec légère modifications.

[25] - Mouroûj zihab Ali ibn Hossein Mas’oudi, vol 3, page 67, Daroul Andalous, Beyrouth.

[26] - Maktal Hossein, Khatib Kharazmi, vol 2, page 183, Maktaba Mafid, Qom.

[27] - Mouroûj zihab, vol 3, page 68.

[28] - Samwou al ma’nafi samwil zât, page 58, MAktaba daroul tarbiya Beyrouth.

[29] - Tatima al mountaha, Sheikh Abbas Qomi, page 43, lkes éditions société à action pour la publication du livre, la 2ème impression, Téhéran, 1333 hégires solaires. En réalité la consommation de l’alcool est aussi bien interdite dans la religion authentique prêchée par le christianisme que dans l’islam. La tendance au christianisme de Yazid porte en fait sur les dérivés et les mauvais enseignements introduits plus tard dans le christianisme.

[30]- Maktal Hossein, Abou Moukhnif, page 22, Qom; Tarikh Oumam, Tabari; vol 6, page 199, Adroul KAmous, Beyrouth; Al Kamif fi tarikh, ibn Athir, vol 4, page 23, DarouSadir, Beyrouth; Al Irshad, Shiekh Moufid, page 205, Maktaba Basirati, Qom; Tajarib Oumam, Abou Maskouwiya, vol 2, page 42, Institut Sourash, Téhéran, 1366 hégires solaires; selon ce que rapporte Ferdinand Totel, le chrétien dans Mou’jamou Sharq wa garb: al mounjid, Mansour ibn Sarjoum le père de Jean de Damas était le ministre des finaces et le comptable de l’armée de Mouawiya. Dans le livre Partou al Azimate Hossein, l’Ayatollah Loutfoullah Safi écrit ce propos: «Oukad déclare dans le livre «Mouawiya ibn Abou Soufiyane fi Mizane» (page 168) «Mouawiya confia les affaires finacières à Sarjoun ibn Mansour et après lui à son fils Mansour». Abou Ali Maskouwiyya écrit: «le romain Sarjoun ibn mAnsour était celui qui gérait les affaires financières de Mouawiya et Yazid (Tajarib oumam, vol 2, page 211 et 291, institut Souroush, 1366 hégires soalires). D’un autre côté, il est rapporté de l’imam Sadiq que lorsque Ali ibn Hossein et le reste de la famille de l’imam Hossein furent installé à Damas dans une maison abimée, l’un d’eux dit: Ils nous ont installé dans cette maison pour que le toit nous tombe sur la tête et nous tue. Le gardien dit en langue roamine: «Regarde-les! ils ont peur que la maison s’abime alors qu’ils vont les amener demain pour les tuer. Ali ibn Hossein dit: «personne parmi nous ne comprend le romain excepté moi le maitrise bien» «(Basa’ir al Darajât, Mirza Mohsen Kousheh baghi, vol 7, bab 12, page 338) ce hadith montre que les agents du régime de Yazid qui gardaient les prisonniers parlaient romain et probablement ils étaient romaisn d’origine. C’est grâce à la connaissance spéciale de l’imamat que le 4ème imam comprenait le romain. Ce hadith est d’ailleurs cité dans Basa’ir al Darajât sous le chapitre «Connaissance des imams par rapport à toutes les langues.

[31] - Al lahouf fi Katli, Sayyed ibn TAous, page 11, les éditions DAvari, Qom.

[32] - Al irshad, Sheikh Moufid, page 204, Maktaba basirati; Qom Mqktal Hossein, Abou Moukhnif, page 17; TArikh oumam, TAbarim vol 6m page 196, Daroul Kqmous hadith.

[33] - Le soulèvement de l’imam Hossein, Document Shahidi Sayyed JA’far, page 185, direction de la diffusion de la culture islamique, Téhéran 1359.

[34] - Analyse de l’histoire d’Achoura, document Mohammad Ibrahim Aiti, page 47, la bibliothèque Sadouq, Téhéran, 1347 hégires solaires.

[35] - Ansâb ashraf, Ahmad ibn Yayha Belarzi, page 317.

[36] - Mas’oudi relate les 2 faits dans Mourouj zihab, vol 3, page 31, Daroul Andalous Beyrouth.

[37] - Sharh Nahjul Balagha ibn Abi Hadid, vol 7, page 159, Daroul ihyâ koutoub Arabi, le caire 1961.

[38] - Maktal Hossein, Akhtab Khozrami, vol 2, page 61, recherche de Sheikh Mohammad Samaoui, les éditions MAktaba Moufid, Qom; Al Laouf. Sayyed ibn Taous, page 74, les éditons MAktaba Davari, Qom; Biographie d’Ali ibn Hossein, page 66, Sayyed Ja’far Shahidi, Direction de la diffusion de la culture islamique, Téhéran, 1365 hégires solaires.

[39] - Histoire analytique de l’islam jusqu’à la fin des omeyades Sayyed Ja’far Shahidi, page 170, centre d’édition universitaire, Téhéran, 1365 hégire solaire, 6ème impression.

[40] - Tarikh Oumam wa moulouk, vol 7, page 421, Daroul Kamous hadith, Beyrouth.

[41]- Al irshad, page 260, Maktaba Basirati, Qom.

[42] - Tarikh Yakoubi, vol 3, page 49, les éditions Maktaba Heidariya, 1384 hégires lunaires (les évènements de l’époque du règne d’Oumar ibn Abdou Aziz). Ce fait est rapporté dans Al ikhtisas de Sheikh Moufid (Qom, les éditions Jamiou moudarissine), page 135 et aussi dans Behar ul al anouar (Maktaba islamiyya, 1393 hégires lunaires) vol 46, page 119 où l’imam Sadiq dit: «Lorsque Abdou Malik ibn Marwan devint calife et que son pouvoir fut assis, il écrivit à Hajâj…»

[43]- Al fakhri fî adâb soultaniyya, ibn Taktaka, page 112, Daroul Sader, Beyrouth.

[44] - La révolution de l’imam Hossein, Mortadha Motahari, vol 1, page 312-313 les éditions Sadrâ, Téhéran, 1363 hégires solaires.

[45]- La revue de l’imam Hossein, Shahid Mortadha Motahari, vol 1, page 312-313, les éditions Sadra, Téhéran, 1361.

[46] - Analyse de la révolution de l’imam Hossein, Mohammad Mahdi Shamsoudine, traduction persane de Mahdi Pishvahi, page 135-137, les éditions Tawhid, Qom, 1362 hégires solaires.

[47] - id, Shamsoudine, page 137-140.

[48] - id, Shamsoudine, page 137-140.

[49] Al irshâd, page 244, Sheikh Moufid, Maktaba basirati, Qom

[50] - Sayyed ibn Taous, le même livre, page 68. Ibn Ziyad voulait faire croire que toute personne qui subit la défaite en apparence au front est déshonorée car si elle était dans la vérité, elle aurait triomphée militairement.

[51] - Analyse de l’histoire d’Achoura docteur Mohammad Ibrahim Ayati Dirjandi, page 203, la bibliothèque Sadouq, Téhéran, 1347 hégires solaires.

[52] - Dans le livre Al Lahouf , le rapporteur du discours Bachir ibn HAzim Asadi est mentionné et dans le manuscrit de balaghatoul nisaa aussi il apparait sous le nom de Hadim et aussi sous le nom de Houdam.

[53] - Lorsqu’on parle généralement de Oummou Koulthoum sans faire aucune précision, cela fait allusion à Zeynab la fille ainée de l’imam Ali.

[54] - Balaghatoul Nisaa, Qom, page 24 les éditions Maktaba Basirati, Qom. Le soulèvement de l’imam Hossein, docteur Sayyed Ja’far Shahidi, page 182, bureau de la diffusion de la culture islamique, T2héran, 1359 hégires solaires.

[55] - Balaghatoul Nisaa, ibn Teifour, page 20, Maktaba ul Basirati, Qom.

[56] - Lorsque le prophète conquis la Mecque, les dignitaires Qorayshen parmi lesquels Abou Soufiyane le grand père de Yazid regrettèrent ce qu’ils avaient fait par le passé et ils craignaient que le prophète les punissent par rapport à cela. Mais le messager de Dieu leur dit plutôt:«Allez y vous êtes les affranchis» en utilisant cette expression, Zeynab veut faire allusion à cette grande Amnesty de son grand père sur les grands parents de Yazid.

[57] - Ibn Abi Teyfour, le même livre page 12 à 23

On comprend bien une telle réaction à partir de propos d’un cœur brisé, d’une âme attristée et pleine de piété.

[58] - Soulèvement de l’imam Hossein docteur Sayyed Ja’far Shahidi, page 187 à 189, les éditions de la diffusion des œuvres culturelles islamiques, T2héran, 1359 hégire solaire, avec une légère modification dans les termes et les expressions.

[59] - Al Lahouf, Sayyed ibn Taous, Qom, Manchourat ul dorvari, page 66; Docteur Sayyed Ja’far Shahidi, la vie d’Ali ibn Hossein, 1 ère édition, Téhéran, les bureaux de la diffusion de la culture islamique, 1350 hégire solaire, page 56; le quatrième imam le porte étendard de la révolution de révolution sanguinaire de Karbala, page 38 à 40, Ali Akhbar Hassani, Qom, les éditions Nasl Jahan.

[60] - Sourate Zoumour: 42

[61] - Al Lahouf fi kablil toufouf, Sayyed ibn Taous, page 68, les éditions Maktabatul davari, Qom

[62] - Certains historiens qui présentent l’allocution de l’imam Sadjad sous le nom de «Foudilnah Sabh» sept (choses) nous ont été offertes comme faveur» se réservent d’énumérer ces choses. Certains ont donné à ces sept mérites le titre de «Minna Al Batoul» et d’autres «Minna Al Mahdi».

[63] - C’est une allusion au récit de l’installation de la pierre noire par le prophète lorsqu’il avait 35 ans, une initiative qui avait contribué à calmer les tensions entre les gens de la Mecque.

[64] - Cela semble faire allusion au moment où l’épée de l’imam Ali s’était brisée lors de la bataille d’Ouhoud et qu’à ce moment, Dieu lui donna l’épée de Zoul fikar. Cela peut également faire allusion au moment où l’imam Ali (as) combattait avec deux épées à la main grâce à l’indice de deux sagaies.

[65] - Cela fait allusion à deux émigrations. Il existe quelques hypothèses au sujet de des deux émigrations d’Ali que nous évoquons ici:

a- Emigration de la Mecque pour Médine u début de l’islam et après l’hégire, il émigra de Médine pour le Yémen à la fin de la vie du prophète (ç) pour prêcher et guider les gens de cette contrée.

b- Cela peut également signifier l’émigration de la Médine pour Koufa après la mort du prophète (ç) et à l’époque du califat d’Ali (as)).

c- L’émigration de la Mecque pour la vallée d’Abi Talib (qui a durée trois ans) ensuite de la Mecque pour Médine (Ali Akbar Hassani), le quatrième imam, (le soldat de la révolution sanguinaire de Karbala, Qom, les éditions Nasl Jawan, page 66)

[66] - Bihar ul anwar, Mohammad Baqir Majelisi, vol 45, page 137, Maktabat ul Islamiyya, Téhéran, 1393. Certaines parties de l’allocution de l’imam Sadjad (as) n’ont pas été traduites et ces parties sont typographiquement présentées dans le texte avec…

[67] - Kamal Baha’i, page 301, Maktabat ul Mortadhawiya, Téhéran.

[68] - Tazkiratoul Hawaz, Sabt ibn Jawzi, page 262, les éditions Maktabat ul Heidariya, Najaf, 1383 hégire lunaire.

[69] - Id, Sebt ibn Jawzi, page 290.

[70] - En fait, cette partie à l’époque en question a été ajoutée par ajoutée par Yazid ou les historiens eux-mêmes car l’imam Hossein (as) n’a jamais dit qu’il est prêt à donner l’allégeance à Yazid. En effet, le message du soulèvement de l’Achoura du début jusqu’à la fin consistait à refuser catégoriquement à Yazid et à ses acolytes.

[71] - Al Kamil fi Tarikh, Ibn Athir, vol 4, page 87, Darul Sadir, Beyrouth; On note également le même récit dans Tabari dans son livre d’histoire (impression de Darul Kamous A Hadith de Beyrouth, vol 6, page 266) Sebt ibn Jawzi en parle également dans «Tazkiratoul Hawaz» imprimé à Najaf par les éditions Heidariya, 1383 hégire lunaire, page 261 et 265).

[72] - Tarikh Oumam wouol Moulouk, vol 6, page 268, Darul kamous Al Hadith, Beyrouth; Abou Mouhanif, Maktal Al Hossein, Qom, page 229.

[73] - Après la mort de Mouawiya, Marwan était à Médine à moins que nous disions qu’il avait voyagé vers Sham durant cette période.

[74] - Kamal Baha’i, Emadoudine Tabari, page 302, Maktabat ul Mortadhawiya, Téhéran.

[75] - Tarikh Yakoubi, vol 3, page 49, Manchour Maktabat ul Heidariya, Najaf, 1384 hégire lunaire. Dans les évènements du gouvernement ibn Abdel Aziz, nous avons rapporté cette lettre dans les pages précédentes sur les évènements de l’époque du gouvernement d’Oumar ibn Abdel Aziz.

[76] - Abdellah ibn Afif faisait partie des compagnons de l’imam Ali, il avait perdu un œil dans la guerre de Jamal et l’autre œil dans la bataille de Seffine.

[77] - Tarikh Oumam wouol Moulouk, Mohammad ibn Jarir Tabari, vol 6, page 263, Darul Kamous Al Hadith, Beyrouth; Maktal Al Hossein, Abou Mouhanif, page 207, Qom; Alahouf FI Kadlil Tafouf, Sayyed ibn Taous, page 69, les éditions Maktabat ul Dawari, Qom.

[78] - Sourate Baqarah: 54.

[79] - Soixante dix personnes de Mada’ine, trois cents personnes de Koufa s’étaient mises en route pour rejoindre les Tawwabine. Lorsqu’ils arrivèrent au champ de bataille ils constatèrent que les Tawwabine avaient perdu.

[80] - Maktal Al Hossein, Abou Mouhanif, page 248 – 310; Al Kamil Fi Tarikh, ibn Athir, vol 4, page 158 – 186, Darul Sadir, Beyrouth.

[81] - AL Kamil Fil Louga d’Aboul Abbas Al Mobrat, vol 2, page 112 – 116, Darul Koutoub ul Ilmiyya, Beyrouth, 1ère impression 1407 hégire lunaire; Maktal Hossein de Akhtab Kharazmi, recherches et rectification de Sheikh Mohammad Samaoui, les éditions Moufid, Qom, vol 2, à la partir de la page 202. Durant ces jours, les Tawwabine également à Koufa étaient occupés à se préparer et à réunir les forces. Mais Moktar disait: «Souleymane n’a pas de compétence requise en matière de guerre et des affaires militaires et il va vite perdre

[82] - ID, ibn Athir, vol 4, page 211 – 244.

[83] - Sharh ul Nahjul balagha, ibn Abi Hadid, vol 7, page 130, Darul Ihya Al Koutoub al Arabiya, le Caire; Mourouj ul Zihab de Mas»oud, vol 3, page 257, les éditions Darul Andalous, Beyrouth, mais Mas’oudi au lieu de parler de deux milles personnes à parler de deux cents personnes.

[84] - Id, ibn Abi Hadid, vol 7, page 139.